Quand un musée anglais et un lycée hindou déshabillent les filles

Décidément, il est toujours compliqué d’évoquer la sexualité féminine sans en faire des caisses. Dans le même temps, on trouve par exemple, d’un côté une université hindoue, qui oblige des dizaines d’étudiantes à se dévêtir afin de vérifier si elles ont leurs règles. Le règlement, les obligeant à s’isoler pendant le cycle menstruel. De l’autre, un musée londonien, le Vagina Museum, regarde sous les jupes des filles. Il nous propose de tout savoir sur le vagin. Règles, hygiène, contraception ou stéréotype de genre, tout y est abordé sans le moindre tabou.

Revenons à cette triste histoire de mise à l’écart de filles ayant leurs règles. Cela se passe au Sahajanand Girls Institute de la ville de Bhuj dans l’État du Gujarat (ouest de l’Inde), un établissement tenu par la secte hindoue Swaminarayan. Le règlement intérieur stipule bien aux jeunes filles, de se mettre à l’écart pendant leur menstruation.

De fait, les jeunes femmes doivent rester dans les résidences étudiantes en période menstruelle, et même à s’isoler dans un sous-sol. Elles restent à l’écart de la cuisine et du lieu de culte. Elles doivent également s’asseoir au fond de la classe durant les cours.

Comble de malheurs et horreur pour l’établissement, une serviette hygiénique usagée a été trouvée dans un jardin devant l’université. Pour les besoins de l’enquête bien sûr, les responsables de l’université ont aligné 68 étudiantes dans les toilettes et leur ont ordonné une à une de se déshabiller.

Pendant ce temps à Londres, des jeunes filles, et même des garçons d’ailleurs, entrent dans le Vagina Museum. Ils pourront admirer des oeuvres culturelles, comme un énorme tampon à paillettes dans une ambiance branchée et très décontractée. Il s’agit d’en découvrir plus sur leur intimité féminine, qui n’est plus tabou. Une grande majorité salue une initiative qui apparaît salvatrice et indispensable. L’entrée est gratuite, et c’est tant mieux, car bizarrement, personne n’est sûr d’être prêt à payer pour ce savoir pourtant indispensable apparemment.

Impossible tout de même de sortir de cette “exposition” sans le sentiment, d’avoir fait quelque chose de subversif ou “pas vraiment conforme”. Espérons seulement, que nos jeunes “londoniennes” de musée, se rendront compte de la chance qu’elles ont par rapport aux lycéennes indiennes. Pour cela, il ne faudrait pas que trop de banalisations et de libertés mal appréciées, succèdent à trop d’interdictions et de fausses sacralisations.

Crédit photo : Cyril Dupond

 

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