Municipales : recherche jeunes maires désespérément

Assez régulièrement, de nombreux analystes politiques appellent à un rajeunissement de la classe politique. Les commentaires de comptoirs et dans les réseaux sociaux mettent en évidence, un ras-le-bol général de devoir toujours voter pour les mêmes. Cependant, ce n’est pas tout de le dire, le problème est de trouver de jeunes candidats. Les vocations se font de plus en plus rares en politique, surtout au niveau des petites mairies.

Les prochaines municipales ne vont que confirmer cette tendance. Ce n’est pas nouveau, car selon les chiffres de l’Association des maires de France (AMF), le pourcentage des maires de moins de 40 ans est passé de 12,16 % en 1983, à 3,8 % en 2014. Bien sûr, comme on pouvait s’y attendre dans le même temps, la proportion de ceux de 60 ans et plus, est montée de 30,4 % à 49,7 %. Ce qui veut dire, qu’une fois sur 2, vous vous adressez à une personne, qui a plus le passé en tête que le futur. En plus, 40 % de l’ensemble des maires, sont des retraités.

Certains, y verront que la simple conséquence d’un vieillissement général de la population. Il faut voir plus que cela. Cette désinfection des personnes plus jeunes et actives dans le paysage des maires de France, va de pair avec une vision assez terne de la fonction. Et pour cause, difficile maintenant de passer au travers de galères, qui incluent de plus en plus d’heures de travail par semaine, une situation financière qui se dégrade avec la faiblesse des indemnités d’élus. Tout cela, avec des responsabilités, de plus en plus lourdes, sans compter au final, une pression grandissante qui peut aller jusqu’à des menaces physiques de plus en plus courantes.

L’impact de tout cela, est fort sur la vie familiale. D’ailleurs, la première motivation de retrait de certains, se situe à un âge où on a des jeunes enfants et la volonté de protéger l’ensemble de sa famille, de la violence d’un mandat. Ensuite, vient le choix de s’engager plus fortement dans leur carrière professionnelle.

Vous rajoutez à cela une désaffection et un désaveu global de la politique et de l’engagement chez les jeunes, et vous avez un tableau complet, mais très inquiétant.

Par contre, il reste l’impact familial direct, comme facteur d’engagement et l’appartenance à un Parti, où l’on peut être repéré et intégré à des réseaux politiques. En effet, 51 % des jeunes élus municipaux étaient membres d’un Parti en 2014 dans les communes de plus de 10 000 habitants. Par contre, ils n’étaient guère que 4 % dans celles de moins de 500 habitants.

Pour au moins freiner la tendance, une étude de l’Institut National pour la Jeunesse et l’Éducation Populaire (INJEP), préconise notamment l’allongement du délai entre l’élection et la prise de fonctions de maire. Il devient impératif de passer par “une formation initiale intensive” pour appréhender une fonction de plus en plus complexe. A l’heure actuelle, par exemple une semaine maximum après le second tour de scrutin, c’est le vote du budget. Evidemment, l’augmentation de l’indemnité des élus des petites communes ne ferait pas de mal, pour susciter des vocations.

Crédit photo : Michel Puech

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