Dans les couvents : le “burn-out” sévit aussi

Sans parler de féminisme, la situation des femmes dans le catholicisme fait débat. Il s’agit plus précisément de la prise en considération des problématiques des religieuses catholiques. Comme pour les prêtres, une crise de la vocation met l’accent sur de nombreux cas, qui s’apparentent à un syndrome d’épuisement et de stress au travail.

En un mot, dans une entreprise on dirait que de plus en plus de religieuses font un “burn-out”. Il faut dire, que leurs conditions de vie sont assez floues sur bien des points. Elles sont particulièrement soumises à leurs hiérarchies, ce qui ne manque pas de donner lieu à des abus. Elles travaillent sans règles bien établies et bien sûr, souvent sans contrats de travail. On évoque aussi parfois des agressions sexuelles.

Le problème est devenu suffisamment grave, pour que de nombreux articles s’en fassent l’écho. Il y a 2 ans, il était déjà question de l’exploitation parfois gratuite des religieuses. Elles devaient faire différentes tâches ménagères au service de la hiérarchie masculine de l’Eglise, notamment des cardinaux.

Cette fois, dans un de ces articles, la parole est donnée à sœur Maryanne Lounghry, religieuse australienne, psychologue et universitaire. Elle est très critique envers “la culture de l’organisation” des congrégations religieuses. Elle explique par exemple, que les religieux et les religieuses ne sont pas sous le même régime, car les religieux ont davantage de droits.

Ce manque de cadre institutionnel, et ce pouvoir qui reste en grande partie de l’ordre du bon vouloir, est de plus en plus difficile à accepter par les sœurs. A juste titre, car ne pas pouvoir compter sur des règles sûres, et se sentir à longueur de temps à la merci de tout, n’est pas vraiment viable à long terme. Le résultat est sans appel et révèle de “nombreux abandons” de vocation, et des couvents qui se vident en Europe.

Face à cela, l’Union internationale des supérieures générales (UISG), a décidé d’instituer pour une période de trois ans une commission pour traiter ce phénomène du “burn-out”. Quant au Pape, il vient d’ouvrir une maison d’accueil à Rome pour aider d’ex-religieuses, souvent étrangères, qui se retrouvent à la rue sans aucun accompagnement de l’Eglise. Le cardinal brésilien João Braz de Aviz, indique “qu’il y a des cas très durs, pour lesquels les supérieurs ont retenu les papiers des sœurs qui désiraient quitter le couvent“.

Crédit photo : David Htchens

 

 

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