Alcool, défi de janvier : “too much” pour de nombreux Français

Le “Dry January”, a tout de l’initiative qui va susciter la polémique, surtout en France. Évidemment, la base de la réflexion est plutôt consensuelle, c’est essayer de moins boire d’alcool. Cependant, c’est une initiative anglo-saxonne donc, à la base elle est louche pour certains. De plus, dans un pays à forte tradition viticole, et surtout épris d’un minimum de liberté, interdire complètement prend des relents de prohibition et d’atteinte à notre façon de vivre.

Il s’agit donc, d’un mouvement lancé en Angleterre en 2013 et officiellement parrainé par Public Health England. Le succès de cette tendance, pousse comme d’habitude certains à lui faire traverser le Channel, malgré le Brexit, pour l’adapter en France. C’est donc avec le soutien d’une quarantaine d’associations qui œuvrent pour la santé publique, que l’opération est lancée en France. Bien sûr, le nom s’est francisé pour devenir le “Défi de Janvier”. Ce défi, va s’ajouter aux nombreuses belles résolutions, prises souvent en début d’année.

Cette initiative vise en priorité, ceux qui ne sont pas des alcooliques, mais qui consomment un peu trop d’alcool tout de même et parfois sans vraiment se rendre compte des réels méfaits. Le Dr Bernard Basset, vice-président de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie, explique “il ne s’agit pas de porter un regard moralisateur ni même de forcer l’abstinence, mais de prendre un temps pour réfléchir à la place que l’alcool prend dans nos vies. C’est une opération ludique et pédagogique”.

A priori, du mieux s’est déjà fait sentir sur le front de la consommation d’alcool, car nous buvons moins et mieux qu’il y a cinquante ans. C’est peut-être là, que la fracture se fait avec les plus sensibles sur le sujet. Cette initiative, qui enfonce le clou et veut accélérer le mouvement, apparaît comme une atteinte à notre spécificité.

Trop c’est trop, par exemple pour l’écrivain Philippe Claudel et quarante-deux personnalités de la cuisine, des arts et du sport. A travers une tribune du Figaro, ils s’insurgent contre l’idée d’un “mois sans alcool”. Celle-ci est jugée plus en phase avec un puritanisme protestant anglo-saxon.

Bien sûr, ils ont été précédés par les plus concernés, à savoir les professionnels du secteur viticole. Bernard Farges, président de la CNAOC, confédération qui regroupe les 17 principales régions viticoles françaises à appellation s’indigne, “étape après étape, il faut arriver à l’interdiction de consommation, c’est ça qui est derrière”.

Finalement, Santé Publique France, ne soutiendra pas cette initiative qui va relever comme il se doit d’une initiative personnelle. Profitons de tout cela, pour réfléchir à notre relation avec l’alcool, et cela nous fait aussi réfléchir sur le sens et la place à lui donner. On va laisser de côté, les excités de tous bords, qui veulent un débat machiavélique entre esthètes rougeots, libres et insoumis nationalistes étroits, face à de tristes végans mondialistes intransigeants.

Il est temps de se retrouver avec un verre à la main, le contenu doit rester à la discrétion de chacun, nul besoin d’être soûl lorsque l’on se sent entouré.

Crédit photo : Franck Paul

 

Laisser un commentaire