En 1788, le docteur Guillotin invente la…pétition
Evidemment, ce n’est pas avec ceci qu’il va gagner en notoriété et passer à la postérité. Ce brave docteur Guillotin sera pour la postérité, la victime de celle qui porte son nom, la guillotine. Cependant, avant cela, il va oser adresser à Louis XVI une “pétition des citoyens de Paris“. C’est une première en France !

La pétition semble pour beaucoup, une solution pas assez utilisée pour faire avancer des revendications. Il est vrai, que dans la vie courante, des pétitions sur de nombreux sujets et dans de nombreux cas sont faites. Cependant, au niveau national, en politique et pour la gestion du pays, c’est moins évident.

Avec l’arrivée d’Internet et les possibilités de pétitions en ligne, cette option semble gagner en épaisseur. Elle prend des noms variés, comme par exemple le Référendum d’Initiative populaire, qui a été créé en 2008.

En 1788, c’est-à-dire un an avant la Révolution, on en n’est pas là. A l’époque, on essaye timidement d’interpeller le Roi et ce n’est pas sans danger. Cependant, cela constitue les prémices de la pétition collective. Cette première “interpellation” du roi est due à notre très cher Docteur Guillotin.

Les termes employés sont choisis, pour essayer de ne pas vexer le monarque de droit divin. Même si Joseph-Ignace Guillotin 50 ans, fut quelques années plus tôt le médecin du comte de Provence, frère cadet du roi, il commence sa demande le plus doucement possible.

Cependant, les 20 autres pages constituent, non plus une classique et traditionnelle requête ou supplique au roi, elles vont bien plus loin. C’est la première fois qu’un roturier interpelle le chef de l’Etat en notant “nous désirons sortir de l’état d’oppression et d’avilissement dans lequel nous avons gémi trop longtemps“. Ces remarques émanent de six corps des marchands de la capitale. Il y a les drapiers-merciers, épiciers, bonnetiers-chapeliers, orfèvres, passementiers et marchands de vin.

Louis XVI, est au courant du mécontentement qui monte dans le pays. Les Etats généraux, ont été convoqués. Mais là, c’est trop, cette pétition collective est un vrai crime de lèse-majesté. On y indique, que les nobles paient des impôts, on demande la liberté de la presse, un vote par tête aux Etats généraux, et pourquoi pas plus de liberté, plus d’égalité et de fraternité tant qu’on y est.

Louis XVI, fait détruire les milliers d’imprimés de cette “pétition”. Le docteur est convoqué au Parlement de Paris. Cependant, il s’en sort en étant que très légèrement condamné. Bien sûr, il en recueille une grande popularité qui le suivra au cours des événements futurs.

A ce propos, rappelons-nous que s’il a fait voter l’égalité devant la peine de mort pour éviter des souffrances inutiles grâce à la “mécanique”, ce n’est pas lui, mais le Dr Louis, chirurgien qui mettra au point la fameuse guillotine. En revanche, notre bon docteur a eu l’idée de faire siéger les élus du peuple dans une salle en demi-cercle, pour que tous puissent se voir et être vu.

Crédit photo : Jonathan Rolande

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