Le cacao, l’autre culture qui grignote la forêt

Lorsque l’on évoque les effets désastreux de la culture intensive sur la déforestation, on parle le plus souvent de soja ou d’huile de palme. Cependant, de plus en plus, il faut ajouter un nouvel acteur dans cette sinistre mise à mal de la forêt, il s’agit du cacao. Cette déforestation, se joue cette fois-ci en Afrique et s’aggrave à mesure que notre consommation de chocolat augmente.

En toile de fond de cette problématique, la conjonction de 2 phénomènes. Le premier temps, une possible pénurie de cacao, dû en partie à une demande accrue, notamment en Chine. Le second, une difficulté de production sur les lieux habituels d’exploitation du cacao. Tout ceci amène des “spécialistes” à des prévisions parfois, un peu alarmistes.

Même si tout cela est en partie vrai, les conséquences de ses alertes sont pour l’instant pires que le problème dénoncé. En effet, le danger immédiat serait au contraire celui de sa surproduction. La surface consacrée à cette culture, a plus que doublé depuis les années 1970, passant de 4 millions d’hectares à 10 millions aujourd’hui sur la planète.

Jusqu’ici, ce phénomène a évité les radars de l’information et des ONG. Pourtant, en Afrique de l’Ouest notamment, la déforestation bat son plein. Les raisons sont multiples, tout d’abord, ce sont les questions sociales et notamment, au début des années 2000, sur le travail des enfants, qui ont attiré les regards. Ce n’est qu’en 2017, que les choses ont pris une vitesse supérieure.

Ensuite, entre la prise de conscience, la dénonciation et les résultats sur le terrain, il faut toujours du temps. La secrétaire générale du Syndicat du chocolat explique, “pour éviter l’extension des cultures, il ne suffit pas de s’engager dans la protection et la restauration des forêts, précise-t-elle. Il faut aussi se préoccuper de la rémunération des producteurs et de l’amélioration de la productivité des plantations”.

C’est pour cela, que la nouvelle étude de l’Iddri, a analysé les différentes stratégies jusque-là mises en place par la filière cacao. Souvent trop timides, les initiatives ne résolvent pas le problème dans sa totalité. Les labels bio, vont par exemple être très en pointe sur les critères environnementaux et oublier les critères sociaux. C’est l’inverse pour les labels de commerce équitable.

Une demande en chocolat, soutenue artificiellement

L’analyse de l’Iddri, rappelle que l’extension de la culture du cacao n’est pas toujours le fait d’un producteur déjà installé qui décide d’étendre ses terres. Elle est aussi le fait de nouveaux agriculteurs attirés par l’appât de bonnes affaires. Du coup, plus de productions engendrent plus de propositions par l’intermédiaire du marketing, qui à son tour, suscite donc plus de production, et le cercle vicieux s’emballe.

Crédit photo : Cacao

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