Les mesures du gouvernement français en direction de la Seine-Saint-Denis

La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement admet avec ses mesures, que le département Seine-Saint-Denis, au nord de Paris est en proie à des difficultés singulières. Il reste, à démontrer une nouvelle fois, que les effets des mesures prises ne feront pas l’effet d’un pansement sur une jambe de bois. Autrement dit, quelques mesures coûteuses pour calmer et non pas résoudre en profondeur les choses.

Les mesures envisagées font suite directement à un rapport de 2018, établi par les députés François Cornut-Gentille (Les Républicains) et Rodrigue Kokouendo (La République en marche). Le titre, “République en échec” en disait long sur la situation étudiée. Le Premier ministre Édouard Philippe, a ainsi annoncé une série de 23 mesures destinées à venir en aide à ce territoire.

Il s’agit de remettre les services de l’Etat sur les rails. Pour cela, il faut maintenir les fonctionnaires en place, et le plan du gouvernement prévoit une prime de 10 000 euros pour fidéliser ses derniers. A cela, s’ajoute le recrutement de 150 policiers, ou encore le renforcement des contrôles des logements insalubres.

Si d’apparence, cela semble constituer un effort supplémentaire pour ce département, ses mesures en fait ne sont que des rattrapages. En effet, le département bénéficie de moins d’enseignants, de médecins, de policiers par habitant que les autres départements d’Île-de-France. De plus, le rapport des deux députés faisait également le constat que les fonctionnaires en Seine-Saint-Denis, étaient plus jeunes et moins expérimentés que dans les autres départements français. Il est en effet de notoriété publique, que certains jeunes fonctionnaires sont envoyés là où les plus expérimentés, mais aussi ceux qui sont prioritaires dans les affectations, ne veulent plus aller.

Qu’on le veuille ou non, la présence de l’Etat passe par la présence des forces de police, garante du respect des lois. Christophe Castaner, a annoncé que 50 agents supplémentaires se répartiraient dans deux quartiers, à Saint-Ouen et La Courneuve. Et d’ici à 2021, 100 postes d’officiers de police judiciaire seraient déployés. De plus, les commissariats d’Aulnay-sous-Bois et d’Épinay-sur-Seine seront rénovés d’ici 2023.

La loi, c’est aussi la justice et le tribunal de Bobigny verra son extension réalisée à l’horizon 2026. 35 postes de greffiers et 12 postes de magistrats seront créés.

Dans le domaine de la santé, le gouvernement a annoncé que cinq inspecteurs en charge du contrôle des logements indignes seront recrutés. Ce ne sera pas de trop, car “10 % de l’habitat est insalubre” dans le département.

Côté enseignements, le gouvernement a annoncé un dispositif de “prérecrutement” de 500 enseignants. Il s’agit, de financer les études de boursiers de Seine-Saint-Denis, qui s’engagent en retour à travailler dans le département. Par ailleurs, 20 millions d’euros iront en direction d’investissements immobiliers dans le cadre du dédoublement des classes de CP et CE1 en zones d’éducation prioritaire.

Pour de nombreux acteurs de terrain, ses mesures sont les bienvenues, mais elles manquent de précision. En effet, policiers et enseignants font valoir que le système de prime n’est pas nouveau. Cela, ne suffit pas à retenir les fonctionnaires dans le département. Une fois la prime obtenue, combien vont rester ?

Crédit photo : Pascal POGGI

 

 

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