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Etude SFAM : le smartphone, indispensable pour les Français

D’après une étude menée par Ipsos pour SFAM, si les Français possèdent en moyenne cinq écrans par foyer, ils considèrent le smartphone comme indispensable au quotidien.

L’hyperconnectivité serait-elle devenue le mal du siècle ? Il semble que les Français aient toujours plus de mal à se passer de leur téléphone portable, en tout cas la moitié d’entre eux. D’après une étude Ipsos pour SFAM, leader européen de l’assurance mobile et multimédia, un Français sur deux estime que son téléphone est indispensable dans sa vie professionnelle et privée. Plus d’un tiers des sondés (39 %) estiment même que le perdre reviendrait à perdre une partie de leur mémoire.

La vie de nombreux Français est ainsi quotidiennement rythmée par l’utilisation de leur smartphone : alors que 45 % d’entre eux passent entre 2 et 6 heures par jour sur leur portable, un Français sur 10 y passe  plus de 6 h par jour. Et il est loin le temps où le téléphone servait uniquement à téléphoner. Si 87 % des Français s’en servent en priorité pour passer des appels, 56 % s’en servent pour prendre des photos, regarder des vidéos ou échanger sur les réseaux sociaux, 39 % pour jouer aux jeux vidéo, 37 % pour écouter de la musique et 33 % pour tchater.

Et cet engouement a un prix. Plus d’un Français sur dix a ainsi dépensé entre 500 et 1 000 euros pour son dernier smartphone. De fait, pour 34 % des sondés, le téléphone portable constitue l’investissement le plus important de leur foyer. Et s’ils devaient choisir un seul objet à assurer (une pensée qui traverse l’esprit de la moitié des sondés), ils se tourneraient sans hésiter vers leur smartphone (qui arrive à la première place, à 42 %).

Le meilleur ami de l’homme ?

« En quelques années, le prix des smartphones s’est envolé. Avec l’arrivée de la 5G et l’apparition de nouveaux formats de terminaux, comme les smartphones pliables, cette tendance devrait se confirmer », explique Sadri Fegaier, PDG de SFAM. Pour le chef d’entreprise, cette montée en gamme explique que « les Français sont de plus en plus nombreux à souscrire une assurance pour leur portable ».

Alors, faut-il s’inquiéter de ce que le téléphone portable est devenu le meilleur ami de l’homme (et de la femme) ? S’il est à ce point indispensable pour tant de Français, notamment les plus jeunes (43 % des 18-24 ans ne peuvent pas s’en passer), c’est qu’il est « un moyen de retrouver du lien social ». C’est en tout cas la conviction du sociologue Michel Fize, auteur de J’aide mon adolescent à grandir. Pour le spécialiste, le téléphone portable, qui permet notamment de se connecter aux réseaux sociaux, agit comme « un brise-solitude, un moyen de parler de soi, de se mettre en avant ».

Mais cette habitude n’est pas sans risques. Elle peut conduire à une dépendance voire dégénérer en nomophobie, cette peur maladive de se retrouver sans téléphone mobile (le mot vient de l’expression anglaise no mobile phone phobia).

Le terme nomophobie « souligne le caractère pathologique de nos rapports avec le smartphone », explique Stéphanie Bertholon, psychologue et cofondatrice du Centre de traitement du stress et de l’anxiété. Auteure du livre Vivre mieux dans un monde stressant, la spécialiste s’inquiète de notre dépendance au smartphone, qui nous fait agir « comme si c’était compliqué d’attendre, de s’ennuyer. On ne tolère plus la frustration, il faut occuper son esprit ».

Rester raisonnable

Face à ce constat, une Journée mondiale sans téléphone mobile a été créée. Si renoncer à son téléphone pendant 24 heures semble un défi trop difficile à relever pour certains, l’effort se révèle payant pour ceux qui font la démarche : « au final, les personnes qui tentent l’expérience expliquent qu’ils gagnent en qualité de vie, ils se remettent à lire, sortent davantage et ils dorment mieux », constate Damien Dubosc, psychologue clinicien à Grenoble.

Reste que pour une partie de la population, et notamment pour les sans-abri, le téléphone constitue souvent la « dernière attache ». Alors que les cabines téléphoniques ne sont pratiquement plus qu’un lointain souvenir, comment pourraient-ils appeler le 115 durant les moments les plus difficiles ? Ou effectuer des démarches auprès de Pôle emploi et autres services publics, accessibles quasiment uniquement sur Internet ?

De plus en plus sollicitées sur ces questions, les associations accompagnent les personnes en situation de précarité vers le numérique. Comme l’explique Jean Deydier, cofondateur d’Emmaüs Connect, le téléphone s’avère « vital » pour répondre aux besoins immédiats des SDF, car « quand vous êtes à la rue, c’est votre dernière adresse ».

 

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