Chili : un pays “en guerre” selon son président

Des images, hélas trop classiques parviennent du Chili. Ce sont des scènes d’émeutes et de pillages, qui ont fait sept morts. Ce n’est plus de la contestation, c’est la pire explosion sociale depuis des décennies. Cela a fait dire au président Sebastian Piñera, que le Chili est en guerre.

Ensuite, c’est un engrenage classique, le couvre-feu a été décrété à Santiago. L’état d’urgence est également en vigueur dans plusieurs régions, dont plusieurs grandes villes du sud et du nord du pays.

Le gouvernement fait face à d’impressionnantes émeutes, qui dégénèrent rapidement en affrontements entre manifestants et policiers. Près de 10 000 policiers et soldats, ont été déployés. Les patrouilles de militaires dans les rues rappellent tristement les heures sombres de la dictature du général Augusto Pinochet. Selon les autorités, 1 462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.

En parallèle, des pillages se sont déroulés dans plusieurs endroits de la capitale. Les premiers morts sont le fait, d’incendies survenus dans un supermarché, ainsi que dans une usine de vêtements, tous deux en proie à des pillages.

A l’origine, comme souvent il y a la colère et le ressentiment. La colère face aux conditions socio-économiques et le ressentiment à l’encontre des inégalités. Au-delà de la stabilité économique et politique, l’envers du décor est moins rose. Lucia Dammert, professeure à l’Université de Santiago du Chili, explique “il y a des niveaux élevés de fragmentation, de ségrégation. La jeunesse en a eu marre et elle est sortie dans la rue pour montrer sa colère et sa déception“. L’accès à la santé et à l’éducation, qui relèvent presque uniquement du secteur privé, devient largement problématique.

La goutte qui a fait déborder le vase, c’est une hausse du prix des tickets de métro à Santiago. Le réseau le plus étendu (140 km) d’Amérique du Sud transporte quotidiennement environ trois millions de passagers.

De son côté, le gouvernement a joué l’apaisement et M. Piñera a suspendu la hausse. Cependant, il prévient “nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite“. Le général Javier Iturriaga, chargé de la sécurité publique par le chef de l’Etat, a de son côté appelé les habitants à rester “calmes” et à ne pas sortir de chez eux.

Crédit photo : loulou moreau

 

 

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