Portugal : Antonio Costa, le socialiste qui réussi

Pendant que de nombreux pays suivent les sirènes populistes et réactionnaires, le Portugal de son côté a décidé de maintenir sa confiance à un socialiste, pour diriger le pays. Le Premier ministre sortant Antonio Costa, sort vainqueur et renforcé des législatives. Il va avoir plus de facilité pour constituer son gouvernement.

Bien franchement, peu de personnes auraient misé il y a quelques années sur les chances de réussite de l’ancien maire de Lisbonne et de sa coalition faite de “bric et de broc” pour gouverner. En effet, mener de manière concrète et efficace une alliance constituée du Bloc de gauche (gauche radicale) et les communistes, pour diriger efficacement le pays semblait bien difficile.

Et pourtant, il a réussi à un point tel, que cet habile politicien n’aura cette fois besoin du soutien que de l’un des deux pour arriver à la majorité. Publico, fait le constat suivant “le PS pourra osciller entre les deux ou les jouer l’un contre l’autre”. C’est bien le PS, qui engrange les bienfaits de cette période de pouvoir. Le Bloc de gauche, n’a en effet pas progressé (19 députés comme en 2015), tandis que la coalition communistes-verts a cédé du terrain (12 sièges contre 17).

Il peut même compter maintenant sur deux autres petits alliés potentiels avec le Parti animaliste PAN, passé d’un à quatre députés, et le Livre (Libre), formation écologiste qui a fait son entrée au Parlement avec une élue.

Il reste, que tout ceci, c’est de la manœuvre politique. Cela pourrait être balayé si Antonio Costa ne réussit pas à poursuivre sa politique sociale sans renoncer à la discipline budgétaire, qui devrait lui permettre cette année de ramener le déficit à 0,2 % du PIB.

Une détérioration de la situation, même légère lui enlèverait l’appui des autres Partis de gauche, car personne ne veut collaborer quand il s’agit d’approuver des mesures difficiles de réduction des dépenses. De plus, Antonio Costa a fait la promesse de réduire l’austérité qui a permis le sauvetage financier du pays en 2011. Le Bloc de gauche et les communistes exigent des retours après des années d’efforts. Cela passe par une nouvelle augmentation du salaire minimum ou des investissements accrus dans les services publics.

En attendant, un socialiste au pouvoir, c’est suffisamment rare en Europe, pour que les socialistes européens, prennent des notes et regardent comment il fait.

Crédit photo : Lusitano Club of California

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