L’économie française épargnée par les risques protectionnistes
La tendance est morose et les craintes se renforcent autour du commerce mondial. Les perspectives de Brexit, de guerre commerciale et technologique entre les Etats, pèsent sur le climat économique, qui lui aussi réchauffe dangereusement. Une fois n’est pas coutume, admettons que dans ce contexte, la construction européenne peut faire valoir ses avantages. Il s’agit d’un espace d’échange protégé qui nous arrange bien dans un contexte protectionniste qui se généralise.

Tout ceci est bien sûr relatif, cependant, l’économie française semble pour l’instant moins sensible aux soubresauts du commerce international. C’est du moins le constat, que font les spécialistes et les économistes du think tank français “La Fabrique de l’industrie”. Il explique, que le pays “a la chance d’être bien inséré dans un marché européen qui l’en protège en partie”.

Cette analyse explique par exemple, qu’actuellement l’Allemagne souffre plus que d’autres pays européens. A ce sujet, l’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), Vincent Vicard, souligne “l’exposition au risque protectionniste dépend du taux d’ouverture des pays, c’est-à-dire la part de la production étrangère dans la consommation domestique. En Allemagne, ce taux est d’environ 87 %, contre 60 % environ pour la France, l’Italie ou le Royaume-Uni”.

Fort est de constater, que la Chine occupe et influence de plus en plus l’économie mondiale. Cette énorme économie, a encore trop tendance à devenir un grand fournisseur de nombreux pays tout en gardant une attitude très protectionniste concernant les importations de produits étrangers. En Europe, la Chine est passée devant les Etats-Unis au tournant des années 2010, comme premier fournisseur des industries européennes. Une tendance qui ne faiblit pas. D’ailleurs, pour la Fabrique de l’industrie, le coup d’arrêt de la mondialisation souligné par de nombreux économistes est plus concrètement et avant tout “un fort développement du régionalisme chinois”.

Ce coup de frein serait moindre sur le continent européen, qui a donc intérêt à faire un minimum bloc face aux grands pays. Une bonne chose pour l’économie française qui de fait, continue de “bénéficier au premier ordre de l’ouverture et de la stabilité du marché européen et les termes des échanges avec les Etats-Unis, n’ont pas beaucoup changé”. 

Crédit photo : kassgallerie

 

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