L’aire de jeux de la colère de Champfleur dans la Sarthe

Combien sommes-nous à rêver de la campagne, du terroir, de la vie dans ces endroits qui sentent si bon la France profonde ? Vivre loin de la vitesse de la ville, de toutes ces nuisances, et goûter au doux son de la nature. Enfin, en ce moment pour ce qui est de la nuisance sonore dans les zones rurales, ce n’est pas évident, car après les coqs et les cloches, il y a désormais les cris d’enfants qui dérangent.

L’action se passe à Champfleur dans la Sarthe, une petite commune de 1 400 âmes, située à la périphérie sud d’Alençon (Orne). C’est ici, qu’un couple a porté plainte à cause du bruit d’un parc destiné aux enfants, implanté près de son domicile. L’espace ludique, installé l’été 2018 va être démonté et installé ailleurs.

Dans cette histoire, on retrouve d’un côté la commune qui a décidé l’implantation d’un équipement pour enfants dans un lotissement de pavillons. A priori, une bonne idée, qui au passage coûte 19 000 €, car nous sommes dans un endroit où de nombreuses familles avec des enfants y vivent.

Hélas très vite, les choses se gâtent, car cela génère bien du bruit et surtout très tard le soir. C’est alors qu’apparaît les autres protagonistes de cette histoire. Il s’agit d’un couple, qui a le malheur d’avoir leur maison située à une douzaine de mètres de là. « Les empêcheurs de jouer en rond”, en viennent à faire appel aux gendarmes les soirs où il y a trop de nuisances sonores. Ils mettent en place une pétition pour exiger le démantèlement de l’installation.

Pas question pour la mairie qui fait la sourde oreille et propose quelques aménagements, en espérant que l’affaire se tasse. Cependant, les « mauvais coucheurs” insistent et le couple se tourne alors vers le tribunal administratif. Ils affirment de plus, n’avoir jamais été consulté pour ce projet. Un expert vient constater les faits. Celui-ci note dans son rapport, qu’il y a bien un impact sonore. Ne voulant pas trop se mouiller, il préconise la construction d’un écran acoustique de 2 mètres de haut.

De fait, dans le voisinage, si certains ne veulent pas se mêler des affaires des autres, d’autres admettent que certains soirs, c’était “infernal”. Surtout, tout le monde est bien content que tout cela ne soit pas arrivé à côté de chez eux.

Au bout du compte, l’écran acoustique de 2 mètres de haut revenant trop cher et voulant éviter un procès, la Mairie a retiré son projet. Elle va démanteler l’aire de jeux et la réinstaller dans un espace vert qu’on vient d’aménager à l’écart des habitations. Tout cela arrive après de longues tergiversations, et ironie de l’histoire au moment où cela devenait plus calme.

En conclusion, il semblerait surtout que dans cette histoire, la Mairie, même animée des meilleures intentions a oublié une chose essentielle. Que ce soit en ville ou en campagne, il faut associer les personnes directement concernées par un projet, avant de prendre une décision.

Crédit photo : Caroline Hrenandez

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