Edward Snowden : le gouvernement américain n’admet pas, que sa “trahison” lui rapporte

Comme on pouvait s’y attendre, la sortie de l’autobiographie d’Edward Snowden, fait des remous. Les plus prompts et les plus virulents pour l’instant, ce sont les Américains. En effet, l’administration Trump, a déposé plainte au civil pour « violation de contrat ». Son but dans un premier temps, est faire saisir les recettes du lanceur d’alerte, engendrées par ses publications.

Cela fait six ans maintenant, que cet informaticien, ancien employé de la CIA et de la NSA, a révélé les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse, américains et britanniques. Par l’intermédiaire essentiellement du Gardian et du Washington, il a dévoilé des informations classées top-secrètes.

A partir de là, il est devenu un héros pour bon nombre d’individus, mais aussi la bête noire des services secrets de nombreux Etats, en premier lieu les Etats-Unis. Ceux-ci le poursuivent déjà au pénal pour espionnage et vols de secrets d’Etat. C’est pour cela qu’Edward Snowden vit actuellement en Russie.

Avec le temps, chacun s’est assis sur ses positions, mais voilà, que notre informaticien veut se faire un peu d’argent en racontant son histoire dans un livre. Inadmissible pour le gouvernement américain, qui explique par l’intermédiaire de Jody Hunt, haut responsable au ministère de la Justice, « nous ne permettons pas à des individus de s’enrichir aux dépens des Etats-Unis ».

Donc, très sérieusement, le gouvernement américain a réclamé en justice la saisie des recettes et déposé plainte au civil pour « violation de contrat » contre cet ancien employé de la CIA et ex-contractuel de l’agence de renseignements NSA. Il aurait dû soumettre son autobiographie à ses anciens employeurs avant de la publier. Le gouvernement réclame aussi l’ensemble des revenus d’éventuelles adaptations cinématographiques, ainsi que les sommes touchées pour ses interventions publiques. Il demande au tribunal de prononcer une injonction en urgence pour empêcher ses éditeurs américains de lui transférer des fonds.

Avec beaucoup d’à-propos, Snowden a réagi sur Twitter, « c’est dur d’imaginer une meilleure attestation d’authenticité qu’une plainte du gouvernement américain ». C’est en effet une des meilleures promotions possibles pour cette autobiographie disponible dans une vingtaine de pays depuis la mi-septembre 2019. La puissante organisation de défense des libertés ACLU défend le lanceur d’alerte. Ben Wizner, directeur des questions de technologies et de droits, a déclaré « le livre ne contient aucun secret gouvernemental qui n’ait pas déjà été publié par des médias respectés ».

Snowden, pour sa part est en pleine tournée promotionnelle. Ce week-end, il a fait savoir qu’il se verrait bien en France, si le pays pouvait lui octroyer l’asile politique. La version française est intitulée « Mémoire vive », elle paraît aux éditions du Seuil.

 

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Crédit photo : lianhao qu Lfa

 

 

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