Jeanne Calment est bien décédée à 122 ans, selon une nouvelle étude

Il y a quelques mois, des chercheurs russes ont avancé l’hypothèse, que Jeanne Calment n’était pas morte à l’âge de 122 ans. Pour eux, il ne s’agissait pas de Jeanne, mais de sa fille Yvonne Calment, qui se serait substituée à elle en 1934. Cette idée fut largement réfutée surtout par l’entourage et la famille de la vieille dame. Cependant, elle a suffisamment ébranlé des certitudes, pour que certains chercheurs se relancent dans des recherches.

Jeanne Calment, est morte en 1997, à l’âge de 122 ans. En 2018, des chercheurs russes affirment qu’en fait, ce serait sa fille, qui aurait pris sa place en 1934, pour une sombre histoire de droits de succession. Ce ne serait donc pas Yvonne Calment, qui serait décédée d’une pleurésie dans les années 30, mais Jeanne Calment elle-même.

Des chercheurs suisses et français, ont donc repris les recherches et leurs conclusions sont publiées dans le “Journal of Gerontology”. Pour cela, les auteurs ont fait de nombreuses recherches dans les archives. Cela leur a permis, de retrouver plusieurs documents historiques, dont un article parut dans la presse locale en 1934 à Arles, où vivait la vieille dame. La famille étant des notables de la ville, ces documents indiquent qu’une “foule particulièrement nombreuse” avait assisté aux obsèques d’Yvonne, la fille de Jeanne, décédée à l’âge de 36 ans.

Il apparaît alors difficile, que parmi ses nombreux témoins, personne n’ait rien remarqué de la supercherie. Ou alors cela sous-entend de s’adjoindre la complicité de dizaines de personnes. Dans ce cas-là, il aurait été plus simple de faire un enterrement discret et exclusivement familial.

En fait, les chercheurs, comme le démographe Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l’Inserm et à l’Ecole pratique des hautes études indiquent,  “tous les documents trouvés vont à l’encontre de la thèse russe”.

De plus, l’étude réfute un autre argument des chercheurs russes. Cet argument est d’ordre statistique, les Russes ont estimé qu’il est encore statistiquement impossible qu’un être humain puisse vivre 122 ans.

C’est pour cela, que les chercheurs ont réexaminer les statistiques concernant la longévité de toutes les personnes nées en France en 1875 et en 1903. Ils ont calculé qu’un centenaire avait une chance sur 10 millions d’atteindre l’âge de 122 ans. Si cette probabilité est particulièrement faible, elle n’en devient pas moins “plausible” selon un coauteur de l’étude, le gériatre et épidémiologiste François Herrmann, des hôpitaux universitaires de Genève. En tout cas, plus plausible que les circonstances et la juxtaposition improbable de conditions à réunir, pour étayer les hypothèses russes.

Crédit photo : amisha nakhwa

 

 

Laisser un commentaire