La dernière usine de tabac en France fermera ses portes en octobre

Ce qui devait arriver arriva, serait-on tenté de dire. Avec les différentes lois visant à nettement réglementer et restreindre la consommation de tabac, la filière française s’éteint peu à peu. Le dernier site de transformation de tabac en France, situé à Sarlat en Dordogne, va fermer ses portes à l’automne.

Cette dernière usine y avait été implantée en 1985. A son heure de gloire, dans les années 80, l’usine comptait environ 200 employés. Actuellement, c’est 33 salariés qui sont concernés directement par la fermeture définitive de l’usine. Elle a déjà connu trois plans sociaux en dix ans. Selon toute vraisemblance, une partie de la production française qui alimentait l’usine sera transformée à l’étranger, notamment en Croatie

C’est la dernière phase de la décomposition d’une filière qui avait déjà commencé depuis plusieurs années. Même les très tricolores Gauloises et Gitanes blondes, sont produites en Allemagne et en Pologne, depuis la fermeture du site de Carquefou (44) début 2015.

La production n’est plus un monopole d’Etat depuis 1970 en France et la Régie Nationale a aussi perdu le contrôle exclusif de la vente en 1976. De son côté, la Société d’exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (Seita) est devenue une filiale du groupe Imperial Tobacco en 2008. La dernière fabrique de cigarettes en France, qui était située à Riom (Puy-de-Dôme), a disparu en 2017.

C’est donc un désengagement total du pays, qui veut ainsi assurer une forme de logique. Il apparaît en effet difficile de faire campagne pour inciter les gens à ne pas fumer, alors que l’Etat assurerait lui-même la production. Dans les années 80, 50 000 tonnes de tabac français était produit par an, contre moins de 5 000 cette année.

Comme le fait une cigarette, la production après s’être bien consumée, va finir par s’éteindre en France. Seuls quelques producteurs, vont arriver à se glisser dans quelques niches de production. Par exemple, une quinzaine de producteurs en Dordogne, produisent un tabac, pour en extraire la nicotine destinée à être vapotée.

Crédit photo : Gauthier Flahaux

 

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