Etats-Unis : la loi protégeant les espèces menacées est à son tour en danger

Le prix de la relative bonne santé de l’économie américaine, risque d’être lourd pour certaines espèces animalières. En effet, pour faciliter les affaires de certaines entreprises, l’administration Trump, a décidé d’assouplir des lois contraignantes pour leur fonctionnement, mais nécessaires pour la protection de la nature.

Pas question d’attaquer l’Endangered Species Act de 1973 de front, car d’après des sondages, cette vieille loi est populaire chez une grande majorité des citoyens américains. De plus, c’est une référence sur le plan mondial en matière de sauvegarde de l’environnement. On donne souvent pour exemple de l’utilité de cette loi, que le pygargue à tête blanche, a notamment été sauvé de l’extinction. Cet oiseau, est tout simplement l’emblème même du pays.

Donc, de manière plus larvée et insidieuse, l’administration du président républicain rogne, grignote et affaiblit la portée de la loi. Par exemple, elle vient de supprimer une clause accordant automatiquement la même protection aux espèces dites “menacées” qu’aux espèces “en danger d’extinction” immédiat. De fait, une espèce menacée ne fera plus l’objet de mesures de protection immédiates et automatiques. Il faudra attendre les conclusions d’une étude spécifique. Ces conclusions pouvant prendre comme on dit « un certain temps ».

De plus, il a été supprimé une condition précisant que les considérations économiques ne doivent pas entrer en ligne de compte dans les décisions visant à protéger la faune sauvage.

Les entreprises pourront donc plus facilement empiéter et construire sur les zones désignées comme “habitat essentiel” pour une espèce menacée.

Sans surprise, le ministre de l’Intérieur David Bernhardt, qui est aussi un ancien représentant du lobby des hydrocarbures, s’est réjoui de ces “améliorations”. Le ministre du Commerce Wilbur Ross déclare de son côté, “alléger le carcan réglementaire qui pèse sur le public américain, sans sacrifier les objectifs de protection et de reconstitution de nos espèces ».

On doute beaucoup sur cette dernière partie de phrase du côté des défenseurs de la nature, ainsi que dans le clan démocrate. “Pendant des décennies, l’Endangered Species Act, a protégé de l’extinction notre faune sauvage la plus vulnérable. Voilà maintenant que le président Trump veut s’en débarrasser complètement“, a tweeté l’ancien Vice-président Joe Biden.

Les procureurs généraux de Californie et du Massachusetts, ont déjà annoncé qu’ils allaient porter l’affaire en justice. Ils craignent un impact direct sur le tourisme local et l’industrie des loisirs aux Etats-Unis.

C’est devenu, une manière facile pour Donald Trump de doper l’économie de manière immédiate en faisant fi des conséquences à long terme sur la nature. En 2016, le gouvernement américain, a modifié plus de 80 textes ayant trait à la santé humaine, ou à l’environnement.

En faisant cela, Trump se rapproche plus d’un chef d’entreprise intéressé par des intérêts financiers faciles et à court terme, plutôt qu’un courageux président, soucieux de la santé et la préservation de sa nation.

Crédit photo : tof mayanoff

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