L’escargot en Thaïlande : l’ennemi des rizières devient l’ami des paysans

La relation entre les escargots et les Thaïlandais pourrait changer clairement de nature. Traditionnellement, les énormes escargots étaient la terreur des rizières. Evidemment, les riziculteurs thaïlandais les détruisaient. Ce sont des temps révolus, car il s’avère que la bave est une denrée très recherchée par l’industrie cosmétique, notamment en Corée du Sud et aux Etats-Unis.

Du côté des paysans, la traque à l’escargot est ouverte. La vente des escargots peut devenir un complément de ressources financières pour de nombreuses familles. Si la chasse est bonne, elle peut rapporter environ 250 euros et parfois bien plus, c’est l’équivalent d’un salaire en Thaïlande.

Pour cela, une fois ramasser, ces escargots géants africains, appelés Achatina Fulica, qui pullulent dans les rizières de Thaïlande, sont regroupés dans des enclos. Là, ils sont bien nourris pour qu’ils grossissent encore plus. C’est aussi dans ces enclos qu’ils subissent une sorte de “traite”. Cela consiste à faire couler de l’eau sur le gastéropode à l’aide d’une pipette pour le faire baver. La bave est ensuite récupérée, purifiée dans un laboratoire d’Etat et commercialisée. Elle est ensuite incorporée en dose infime dans des crèmes aux vertus anti-âges.

Dans la province de Nakhon Nayok, à 2 heures de Bangkok par exemple, 80 fermiers vendent chaque mois à une entreprise de cosmétiques thaïlandaise plusieurs litres de bave d’escargots.

Celui qui en a eu l’idée s’appelle, Kitpong Puttarathuvanun, c’est un ingénieur et un homme d’affaires avisé, car il a fondé la firme cosmétique Aden. Celle-ci, a le monopole du marché en Thaïlande. Il explique, “ils mangent de tout, même l’écorce des arbres et des champignons. Et cette capacité à manger de tous les rend forts. Et ils produisent une bave de très grande qualité qui peut être utilisée pour se protéger du soleil et guérir des blessures”.

Bien sûr, tout ceci est appuyé par des experts locaux qui vante la présence des substances importantes comme le collagène et l’élastine dans la bave d’escargot. De fait, Kitpong fournit aussi des marques coréennes et surtout américaines, auxquelles il vend la bave sous forme lyophilisée à plus de 50 000 euros le kilo.

Actuellement, aucune étude scientifique internationale n’est en mesure de confirmer ou d’infirmer les vertus de ces produits. Cependant, le marché mondial des cosmétiques à base d’escargots est estimé à près de 280 millions d’euros, pour la plus grande joie des paysans, qui les ramassent.

Crédit photo : tiziana-munda

 

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