Le “compost humain”, devient légal dans un État américain

En matière d’innovation, on peut faire confiance aux Etats-Unis. La large autonomie des 51 Etats qui le compose et le souci de liberté qui régit le pays mènent à tout et dans tous les domaines. L’État de Washington au Nord-ouest des États-Unis, vient d’autoriser la transformation des dépouilles humaines en compost.

Les plus cyniques pourront faire remarquer, que dans un pays encore très fortement marqué par la religion chrétienne, il s’agit d’appliquer à la lettre, le principe de retourner à la terre et que « poussière, tu redeviendras poussière ». Cependant, le principe peut aisément choquer.

En attendant, il y a un autre Dieu aux Etats-Unis, c’est le business. Une société basée à Seattle, dans le Nord-ouest des États-Unis, s’est déjà positionnée pour ce type de « funérailles » et elle prépare la transformation des dépouilles humaines en compost. Elle indique fièrement qu’au bout de trente jours environ, “le matériau que nous rendons aux familles est très semblable au terreau que vous pourriez acheter dans votre pépinière“.

En fait, il s’agit ni plus ni moins de l’adaptation de ce qui se passe depuis des décennies dans l’agriculture, pour transformer les carcasses d’animaux. Il a été testé scientifiquement en 2018 avec l’université de l’État de Washington à l’aide de six corps légués par des volontaires.

Concernant plus précisément cette loi unique dans le pays, elle devrait entrer en vigueur en mai 2020. Elle a été promue par Jay Inslee, gouverneur démocrate, qui est candidat à l’élection présidentielle de 2020 avec un programme très porté sur l’écologie.

Tout ceci part, selon le législateur d’un très sincère souci d’alternative écologique à l’inhumation classique ou la crémation. Dans la série détail morbide, la société insiste sans rire sur le côté naturel, sûre et durable. Concernant, les 2 derniers adjectifs, on s’en serait douté un peu. Selon Katrina Spade, qui a promu la loi auprès des élus locaux, cela permet des économies importantes en matière d’émissions de CO2 et d’utilisation des terres”. A noter au passage, que c’est elle qui a créé à Seattle la société Recompose, qui a mis au point un processus de compostage humain qu’elle s’apprête à commercialiser.

Qui a dit le mot « lobbying » ?

Crédit photo : cimetiere

 

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