Si le foot féminin n’est pas le foot masculin, tant mieux !

Les spécialistes du football, comme tous les spécialistes, vont passer leur temps à nous expliquer en quoi le football féminin est techniquement différent ou pas du football masculin. Certains y verront une absurdité, d’autres y verront une nouvelle pratique de ce sport. En attendant, la différence se fera aussi en dehors du terrain, car c’est avec fierté que les championnes américaines n’ont pas hésité à aborder leur orientation sexuelle. Un sujet encore tabou dans le monde du football masculin.

Il faut dire, que la communauté LGBTQ, est semble-t-il particulièrement bien représentée dans cette compétition. Chez les nouvelles championnes du monde américaines par exemple, la sélectionneuse Jill Ellis, et cinq joueuses sont lesbiennes. Parmi elles, Ashlyn Harris et Ali Krieger sont en couple et vont bientôt se marier.

Cependant, ce n’est pas une particularité de la seule équipe américaine. Les Néerlandaises, finalistes malheureuses du Mondial, comptaient également cinq homosexuelles dans leur effectif. Au bout du compte, ce serait une quarantaine de joueuses ayant participé à la compétition, qui se sont déclarés de la communauté LGBTQ.

Pour les tenants de l’orthodoxie, cela ne fait que confirmer que la pratique du football, n’est pas vraiment une activité féminine au sens classique ou rétrograde, suivant notre vision des choses.

En ce qui concerne cette coupe du monde, il s’est avéré qu’elle a eu lieu durant “Pride Month”, le mois de la fierté homosexuelle à travers le monde. Du coup, les discussions ont parfois plus tourné autour de cette actualité, au détriment de l’évènement sportif lui-même.

Cependant, les choses ne sont pas aussi simples que cela, et aux Etats-Unis par exemple, les relations entre le président Trump et certaines joueuses ne sont pas au beau fixe. Le président s’est contenté de félicitations très sobres, et du côté de certaines joueuses, elles n’ont pas caché leur antipathie pour un président pas vraiment très ouvert sur le sujet des droits des homosexuels.

Par contre, les filles ont un avantage, elles ne sont pas encore tenues par des sponsors trop puissants qui les obligent à avoir une image policée. Elles peuvent parler plus librement sur des sujets controversés et pas consensuels.

Pour les hommes, le constat est malheureusement différent. Les commentaires sur les réseaux sociaux, les chants dans les stades le rappellent souvent. L’homosexualité est taboue dans les stades et les vestiaires. Le nombre de footballeurs professionnels encore en activité ayant fait leur coming-out à travers le monde se compte facilement sur les doigts d’une main. La polémique qui a suivi la participation d’Antoine Griezmann à la Une des magazines, comme “Têtu” le rappelle un peu plus.

Crédit photo : tevarak phanduang

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