Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort devient le président de la Conférence des Évêques de France

La présidence de la Conférence des Évêques de France va changer de tête. L’archevêque de Reims, succède à Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille, en poste depuis six ans. C’est une fonction honorifique et sans pouvoir contraignant. Cependant, il devient de fait, le responsable de la coordination entre les catholiques français. Une tache pas facile au milieu des scandales et des dissensions internes qui secouent une Eglise catholique en bien mauvais état.

D’ailleurs, c’est le premier constat que Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, a fait dans un entretien lucide pour le magazine La Croix. Il a déclaré à l’occasion, “il serait absurde de nier que nous sommes en crise”.

Pour sa part, il va essayer de faire tout son possible, pour au moins unifier la parole de l’église à travers les médias. Il s’agit d’avoir une parole claire et ainsi plus intelligible et écouter de tous. Il est à ce titre un des interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics et des médias. Pour cela, cet ancien aumônier de 57 ans, pourra s’appuyer sur une large connaissance des réseaux sociaux sur lequel il est assez actif. Il reste, que les évêques restent maître en leur diocèse, et n’ont de compte à rendre, qu’au Pape.

Les occasions de donner l’avis de l’église sont multiples surtout en des temps de grandes incertitudes. Cependant, celle-ci a évidemment perdu beaucoup de crédit avec les nombreux scandales sexuels et d’abus de pouvoir.

Sa nomination n’est d’ailleurs pas un hasard sur ce sujet. Il fait depuis longtemps partie des lucides, qui veulent voir la situation en face. Il a écrit un article intitulé, “que nous est-il arrivé ? De la sidération à l’action devant les abus sexuels dans l’Eglise“. Au Sénat, il a expliqué qu’il fallait, “se réjouir que toutes ces affaires sortent“. Il est à l’origine de la création d’une commission pour prévenir les agressions sexuelles, puis pour coordonner la lutte contre la pédophilie dans le diocèse de Paris.

De manière moins scandaleuse, mais tout aussi profonde, le nouveau “président” doit se pencher sur la crise de spiritualité et de vocation qui touche l’église. La baisse du nombre de prêtres ébranle l’organisation de l’Église catholique en France. A l’avenir, il y aura moins de lieux eucharistiques dans les diocèses. Une difficulté de plus, pour aller à la rencontre des croyants qui du coup s’éloignent peu à peu. Ce cercle vicieux renforce la désertion des églises et la baisse inexorable des croyants.

“La proximité est un défi“, a ainsi expliqué Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort. Espérons, qu’en la matière les choses peuvent s’améliorer, et que la messe n’est définitivement pas dite.

Crédit photo : jean-louis zimmermann

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