Dong Yao-hui est devenu “le fils de la Grande muraille”

C’est l’histoire d’un homme, au service de l’histoire d’un monument et d’un pays que nous propose un joli documentaire de la chaîne CNN. Il retrace les longues marches de Dong Yao-hui sur la muraille de Chine et sa démarche depuis pour la protéger.

Tout a commencé en 1984, Dong Yao-hui est un technicien électrique dans le Nord-est de la Chine. Pour son travail, il grimpe régulièrement le long des mâts qui soutiennent les lignes à haute tension. C’est du haut de ces mâts que bien souvent, il contemple la muraille de Chine.

Un monument gigantesque au service d’une idée folle. Protéger, ou isoler suivant les visions, tout cet immense espace, des invasions venant de l’extérieur. C’est un ensemble de fortifications reliées les unes aux autres. Les travaux de construction ont débuté en 220 avant notre ère et se sont poursuivis jusqu’à la dynastie Ming, entre les XIVe et XVIIe siècles. Cela a représenté à son apogée, certainement plus de 20 000 kilomètres de long.

La muraille a largement perdu de sa superbe. On sait qu’elle n’est pas le dernier monument que les astronautes voient en partant sur la lune, et de nombreux tronçons sont en ruine ou ont disparu.

Cependant, c’est tout de même 8 850 kilomètres qu’ont parcouru Dong Yao-hui et ses 2 amis, Wu De-yu et Zhang Yuan-hua au cours d’un périple de 17 mois. C’est une première, car jusqu’ici, personne n’a revendiqué avoir marché le long de l’ensemble de la muraille construite sous la dynastie Ming, qui est la partie la mieux préservée. Pour cela, ils ont parfois suivi le tracé du mur et laissé tomber la carte.

Du coup, au-delà de l’aspect symbolique de la démarche, Dong Yao-hui et les autres ont pris beaucoup de notes. Ils ont pu très concrètement faire le point, mètre après mètre sur l’état de la Grande Muraille de Chine. Cela fait d’eux, des experts du monument.

Toutes ces notes ont été publiées dans un livre, paru après avoir travaillé pendant deux ans dessus. Il s’intitule, “L’expédition sur la Grande Muraille de la dynastie Ming”. Leur constatation globale concerne le mauvais état de l’ouvrage. 30 % de la Grande Muraille a disparu.

Au début, c’est un peu l’indifférence qui entoure la démarche des 3 hommes, mais en 1987, l’Unesco a inscrit la Grande Muraille sur sa liste du patrimoine mondial. Les choses ont alors nettement changé et la Chine a commencé à prendre en compte les choses. Elle a mis en route un programme pour protéger et réhabiliter certains secteurs. Au passage, elle a aussi vu les avantages liés au tourisme pour certaines régions pauvres.

De son côté, Dong Yao-hui est devenu vice-président de l’Institut de recherche sur la Grande Muraille de l’université des géosciences d’Hebei. Il est surtout appelé “le fils de la Grande muraille”.

Crédit photo : violette filippini

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