La mode vit au rythme effréné du renouvellement permanent

Tout s’accélère et un domaine comme la mode qui se veut “brancher ” n’échappe pas à cette tendance. Les cycles apparaissent de plus en plus court et ne suivent plus approximativement le climat comme ce fut longtemps l’usage. D’un côté, la démocratisation du vêtement et de l’autre l’arrivée de nouveaux matériaux ont largement bousculé les choses.

Il est vrai que ce n’est plus la haute couture qui domine sans partage le monde de la mode.

Celle-ci suivait scrupuleusement les saisons. Signe des temps, le prêt-à-porter et les vêtements plus accessibles ont imposées leurs visions des choses et au fur et à mesure de l’automne et l’hiver ont été associés. C’est une valse à trois temps qui s’est mis en place, car de leur côté le printemps et sa variété de température nécessite des tissus plus légers et divers et l’été reste toujours le temps des vacances demande des vêtements particuliers.

Ce n’était qu’un début, car la pression économique amène la mode à investir tous les espaces. La popularisation de la mode avec des créateurs comme Sonia Rykiel, Dorothée Bis ou Kenzo à partir de la fin des années 1960 va accentuer le mouvement. Face au succès, le choix d’un calendrier saisonnier s’est imposé, sur le modèle de la couture. Cependant nous sommes passées a des présentations organisées en deux saisons. Cela donne le printemps-été et automne-hiver avec des modèles disponibles quatre mois plus tard. À partir de là, il y a eu un développement des fashion-weeks qui se sont démultipliées au fil des ans a Paris, Milan, Londres, New York mais aussi Tokyo, Séoul, Rio de Janeiro …

Ces sacro-saintes collections bisannuelles sont encore largement respectées pour des raisons pratiques. Cela permet aux stylistes de joindre le plus d’acheteurs et de journalistes possibles sans oublier, désormais, les réseaux sociaux.
Mais pour combien de temps encore ? Il faut maintenant se tenir au courant les pré-collections où, présentés en amont, les modèles préfigurent le défilé et permettent les premières commandes. Ces pré-coll anecdotiques au départ sont désormais capitaux puisque environ 75 % des achats sont effectués lors de ces «pré-coll. Après les défilés, ce seront des achats d’image, de vitrines.

La puissance du marché continue son œuvre et impose son dictat, les enseignes grand public du type Zara, H&M, et d’ autres ont bousculé le rythme avec une mode en continu soutenue par un mouvement ininterrompue du renouvellement quasi hebdomadaires de leur fast fashion. Il faut proposer du neuf en permanence, car l’intérêt, c’est la nouveauté. Contrairement aux doubles saisons, le nouveau temps de la mode va tabler sur l’éphémère avec des éditions limitées dans la durée.

L’important n’est plus de savoir quand cela commence, mais quand cela s’arrête. C’est le temps d’une capsule, d’un drop ou même d’une vente pour une durée annoncée de vingt-quatre heures chrono. Vite toujours plus vite, demain est un autre jour, un autre vêtement, une autre tendance. L’utilisation du désir s’intensifie pour soutenir la consommation avec comme entremetteur internet.

Crédit photo : Nissor

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