Le scandale du trafic de gaz réfrigérant

Lorsque l’on parle de trafic, on imagine tout de suite, drogue, or, armes, mais il existe des trafics bien moins connus, très étonnants, mais pas moins lucratifs. Au milieu de cela, une association écologiste britannique révèle l’existence en Europe d’un vaste trafic de HFC, des gaz réfrigérants bien plus polluants que le CO.

On parle rarement des hydrofluorocarbures (HFC), ce sont, des gaz réfrigérants évalués pour être 15 000 fois plus polluants que le dioxyde de carbone. Ils sont utilisés dans les secteurs de la climatisation et de la réfrigération. Selon une association britannique appelée, l’Environemental Investigation Agency, ces gaz ont été introduits et vendus illégalement dans l’Union européenne.

C’est un vaste commerce souterrain et parallèle de substances nocives, qui s’effectue chaque jour. Au total, ce sont respectivement 8,7 % et 16 % du quota autorisé des HFC pour 2017 et 2018 en Europe, qui sont concernés par ces importations échappant au contrôle des autorités.

Au départ, l’intention était bonne, les États ont décidé en 1987 d’arrêter leur production et leur consommation de chlorofluorocarbures (CFC), comme le fréon, qui représentaient un désastre pour la planète. Problème, on a remplacé la peste par le choléra et les HFC qui les ont remplacés aujourd’hui dans les réfrigérateurs et les climatiseurs, sont tout aussi nocifs, avec un effet 100 à 300 fois supérieur au CO2 sur le réchauffement climatique.

Il a fallu se résoudre à voir les choses en face et l’accord de Kigali, ratifié en 2016 par 69 pays, fixe un objectif de 85 % de réduction des HFC d’ici 2047 et amorce une baisse de l’utilisation de ces gaz dans le monde. Bien sûr, cela n’arrange pas les affaires de nombreux constructeurs et de propriétaires qui utilisent des engins avec ce type de refroidissement.

Donc, la fin programmée des HFC en Europe a indirectement développé le marché noir pour ces gaz, devenus très chers avec une plus grande demande. Introduits illégalement dans l’Union européenne, ils transitent par la Grèce, la Turquie, la Bulgarie ou encore l’Ukraine avant de gagner toute l’Europe.

Il faut bien avouer, que les solutions de remplacement, comme l’ammoniac ou le propane tardent à véritablement convaincre. Elles restent encore chères, moins connues et moins pratiques que les HFC, encore très demandés.

D’ailleurs, certains États, comme la Chine, vont geler leur production qu’en 2024, voire en 2028 pour l’Inde. Etant donné, que ces gaz vont encore être commercialisés, il est évident que l’on va les retrouver sur le marché européen. Pour contrer le trafic, l’association EIA conseille entre autres, de contrôler plus étroitement le commerce de ces gaz.

Crédit photo : dev-210912-

 

 

 

Laisser un commentaire