Neuf évêques se regroupent pour exprimer leur soutien à l’Europe

C‘est une initiative assez étonnante venant de personnes de l’église qui en général, ne prennent pas trop position sur le sujet. C’est pour cela qu’il est intéressant de s’arrêter un peu sur la “Lettre aux chrétiens d’Europe” que neuf évêques d’Allemagne, de Belgique, du Luxembourg et de France, ont publiée. A travers cette missive, ils entendent faire partager leurs convictions et préoccupations et appeler à voter le 26 mai.

Ce sont tous des évêques de diocèses frontaliers, qui ont donc des rapports très particuliers avec la gestion des frontières depuis des siècles. 4 évêques sont français, 2 sont Allemands, il y a aussi deux Belges et un Luxembourgeois. Ils ont appelé leur groupe Euregio, et ils ont profité de la fête de Sainte-Catherine de Sienne, copatronne de l’Europe, pour justement évoquer l’avenir de l’Europe à quelques semaines d’une échéance importante.

Autant le dire tout de suite, ces évêques sont favorables et entendent défendre la construction européenne malgré les vicissitudes de ce projet. En préambule, ils se disent “convaincus qu’elle dispose de tous les atouts pour les affronter”, même si “l’Union européenne est aujourd’hui confrontée à différentes crises économiques, politiques, démographiques et idéologiques”.

Ils profitent pour faire un petit rappel historique pour bien remettre en perspective certains enjeux, parfois un peu oubliés. Ainsi, la lettre retrace la longue histoire de l’Europe, depuis le Moyen Âge, l’esprit européen était alors incarné dans les universités et les cathédrales. Au lendemain de la seconde guerre. “Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi et Paul Henri Spaak, se sont engagés dans une voie nouvelle de réconciliation et de coopération”.

Désireux de “jeter un regard lucide et constructif sur l’Europe et son avenir”, le groupe Euregio, veut redire l’espérance qu’il place en l’Europe pour “tracer des voies nouvelles à la hauteur des dangers qui la menacent”.

Les évêques souhaitent surtout inviter “tous les citoyens européens à reprendre conscience de leur héritage commun, à considérer les apports de l’Union européenne dans leur vie de tous les jours, à soutenir son action en participant aux élections parlementaires européennes, et à s’engager en faveur du bien commun de tous les peuples de l’Europe”.

Le texte prend de la hauteur et rappelle que l’Europe n’est pas simplement une cohorte de directives et des commissions ou des sous-commissions. En tant qu’hommes d’Eglise, ils veulent remettre au centre du débat les objectifs globaux, qui ne doivent rester des vœux pieux. Ils évoquent notamment la solidarité, la lutte contre les nouvelles formes de terrorisme, le respect de la vie humaine et de l’environnement, la question migratoire, les problématiques liées à l’emploi et à la démographie en Europe, et enfin le renforcement de l’identité européenne.

Le groupe Euregio conclut, “devant certaines difficultés, d’aucuns souhaiteraient s’opposer à l’Union européenne, et se replier sur des nations indépendantes. Nous sommes convaincus que la solidarité et la collaboration entre les nations sont la réponse la plus fructueuse que nous pouvons apporter aux problématiques actuelles de l’Europe”.

Crédit photo : reetdachfan

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