Changer la capitale d’un pays, une volonté qui cache de multiples raisons

Il va y avoir du remue-ménage en Indonésie. En effet, le président indonésien, Joko Widodo, a décidé de transférer la capitale. L’actuelle capitale Djakarta, devient surpeuplée et surtout elle est de plus en plus menacée par diverses intempéries. L’Indonésie veut transférer la capitale en dehors de l’île de Java, mais reste évasive sur le nouveau lieu. Pour différentes raisons, différents pays ont transféré leur capitale ailleurs avec différents résultats.

Si l’on prend en compte le facteur intempérie, ce fut le cas du Belize. En 1961, le pays s’appelle encore le Honduras britannique, et sa capitale Belize City subit de plein fouet l’ouragan Hattie. Comme ce n’était pas la première fois, les autorités du pays décident alors de transférer leur capitale vers un endroit moins exposé aux aléas climatiques. En 1970, le déménagement se fait vers une nouvelle ville Belmopan.

En 1999, la capitale de la Malaisie Kuala Lumpur sature, l’air est devenu irrespirable. Le gouvernement s’installe donc à Putrajaya. L’occasion pour lui de montrer un beau visage avec une ville “écologique et moderne” comptant de nombreux espaces verts, et entièrement gérée par informatique.

Ensuite, il y a la volonté de faire table rase du passé. Par exemple, c’est officiellement pour se doter d’une capitale qui n’a pas été choisie par les colons, que Félix Houphouët-Boigny le président ivoirien, inaugure en 1983 le nouveau centre de pouvoir du pays, Yamoussoukro. Il se trouve aussi, que c’était la ville de naissance du Président.

Souvent, c’est avant tout une question politique et économique. Au Nigéria, Abuja est devenue officiellement la capitale en 1991. L’ancienne Lagos est déjà trop peuplée, et surtout elle est dominée par l’ethnie Yoruba. Abuja a l’avantage d’être située au centre du pays, et surtout d’être en territoire “neutre”. Elle n’est assimilée à aucune des ethnies qui composent le pays.

Brasilia, la capitale du Brésil est sortie de terre en 1960, pour mieux répartir la population et l’activité économique concentrées sur les côtes. Elle a permis, de désengorger Rio de Janeiro la capitale d’alors. D’autre part, elle a mis fin à la rivalité entre Rio et Sao Paulo, véritable capitale économique du pays.

Enfin, il y a des cas plus complexes, étranges et parfois vraiment mégalomaniaques. Ainsi, au beau milieu de la jungle birmane, la junte militaire au pouvoir a créé Naypyidaw, pour remplacer Rangoun, comme capitale en 2005. Naypyidaw, aurait coûté quatre milliards de dollars, pour une ville presque vide et peuplée exclusivement de fonctionnaires. Officiellement, la position centrale donne une meilleure accessibilité à tous. Cependant, les autorités ont surtout peur d’une éventuelle invasion sur Rangoon, qui est en bord de mer.

Enfin, que dire d’Astana la capitale du Kazakhstan, rebaptisée Noursoultan, en l’honneur du président Noursoultan Nazarbaïev. Ce n’est pas une première, car historiquement, elle a porté le nom d’Akmolinsk, Tselinograd, Akmola. Ce sera Astana, lorsqu’elle devient capitale en 1997, à la place d’Almaty, située 1 000 kilomètres plus au sud. Construite à grand frais, sur d’anciens marécages, la capitale kazakhe a accueilli ces dernières années de nombreuses rencontres diplomatiques, ou l’Exposition universelle de 2017. Le tous dans de magnifiques buildings ultra-modernes, qui vont certainement vieillir très vite.

On pourrait en rajouter d’autres bien sûr, comme Islamabad, qui est devenue la capitale du Pakistan en 1967 à la place de Karachi. Sans oublier, l’ambitieux projet Égyptien de nouvelle capitale administrative et financière, qui doit être construite à l’Est du Caire, en plein désert.

Crédit photo : ishan

 

 

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