Pollution au Nord de la Thaïlande : brume autour des raisons et brouillard de solution

La ville de Chiang Mai dans le nord de la Thaïlande traverse une période difficile. C’est actuellement une des villes les plus polluées du monde. Si “le smoog” qui entoure la ville actuellement n’est hélas pas nouveau en cette saison sur la deuxième ville du royaume, cette année il est particulièrement inquiétant. Les causes en sont évidemment multiples.

Ce sont, de tristes records qui sont quotidiennement battus en matière de pollution dans celle que l’on appelle “la perle du Nord”. Régulièrement, les indices de qualité de l’air sont considérés, comme “très risqués“. Les niveaux de particules fines PM 2,5, les plus nocives, naviguent depuis trois semaines autour de 250-350 microgrammes par endroit dans la région. C’est un taux 10 fois supérieur aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

Traditionnellement, on attribue cette pollution aux feux de forêts des agriculteurs, qui brûlent des parcelles dans les zones montagneuses, afin de pouvoir les cultiver par la suite. Ce n’est pas une pratique exclusivement locale, car la même chose est faite dans les pays voisins comme la Birmanie ou le Laos. Pour limiter la pollution depuis 2014, cette pratique est normalement interdite de mi-février à fin avril. Cependant, malgré les déclarations menaçantes des autorités et quelques arrestations, la pratique se poursuit.

Pire, la pollution ne fait que s’accroître et on ne peut donc pas se contenter d’une seule raison. Il faut aller chercher plus loin que la culture sur Brûlis. Des experts soulignent les effets pernicieux de l’agriculture intensive mise en place et qui produit toujours plus de déchets agricoles. Or, dans les montagnes, ces déchets sont brûlés sur place produisant des émanations supplémentaires.

Plus globalement, la Thaïlande est en proie à une augmentation exponentielle de la pollution. Fin janvier, Bangkok avait connu un sévère épisode de pollution et les autorités avaient ordonné la fermeture des écoles pendant trois jours.

Le pays est soumis à une croissance économique continue, qui n’est pas sans conséquence. Si la culture intensive a été largement soutenue, il en est de même pour la construction et l’achat de voitures par exemple. Chiang Mai, n’échappe pas à la règle. La ville est en proie à une circulation de plus en plus chaotique depuis maintenant dix ans. A cela, on peut rajouter les centrales à charbon qui tournent à plein régime pour fournir, parfois sans parvenir à éviter les pannes, toujours plus d’électricité et d’Energie.

On peut comprendre que, si on rajoute aux brûlis traditionnels d’autrefois, en augmentation avec celle de la population, une évolution technologique et une demande croissante d’énergie, la partie s’annonce difficile pour résorber le problème. Celui-ci réclame une vraie réflexion à long terme et en profondeur, qui ne permet pas, comme partout, le clientélisme et les petits intérêts immédiats.

Crédit photo : robby-mccullough

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