Ana Brnabic, la première ministre Serbe ne peut pas être la mère de son fils

Ana Brnabic est la première ministre de la Serbie. Jusque-là, nous sommes plutôt dans le progressisme, on continue en signalant qu’elle revendique son homosexualité. Sa compagne s’appelle Milica Djurdjic, elle est docteure et elle vient d’accoucher d’un petit Igor. Fin de la parenthèse progressiste, car la Serbie ne reconnaît pas légalement les couples homosexuels ni l’homoparentalité, ni la PMA.

Une vraie situation paradoxale, en effet, Ana Brnabic a été désignée à la tête du gouvernement en juin 2017, elle devient donc la première cheffe de gouvernement au monde vivant dans un couple homosexuel et dont la conjointe accouche alors qu’elle est en fonction.

Or, il faut que cet événement arrive en Serbie, qui ne reconnaît pas les droits des familles jugées atypiques. Dans ce pays de 7 millions d’habitants, dont 80 % de chrétiens orthodoxes, près de 40 % de la population estime que l’homosexualité est une maladie. Comme dans tous les Balkans, l’homophobie reste répandue en SerbieC’est pour cela, que de nombreux homosexuels serbes, notamment les jeunes, choisissent l’exil, et certains se suicident.

Pour en revenir à Ana Brnabic, elle n’en est plus à un paradoxe près, on peut même imaginer, que sa nomination sert d’alibi politique. C’est une femme Croate, homosexuelle et elle n’est affiliée à aucun Parti. Certes, elle est diplômée de l’université de Hull, en Grande-Bretagne, parlant couramment anglais. C’est une ancienne dirigeante d’ONG œuvrant pour le développement économique.

Cependant, depuis son accession à son poste il y a 2 ans, aucune mesure favorable aux minorités sexuelles n’a été prises. Son gouvernement n’a pas fait avancer le droit des familles homosexuelles ou monoparentales. Rien non plus, en faveur des droits des personnes LGBTQ. De fait, à titre personnel, son enfant, Igor, né d’une PMA, n’aura pas deux mères, mais une seule. Elle ne figure pas sur le livret de famille. Elle n’a aucun statut vis-à-vis de l’enfant en regard des lois serbes. Elle ne pourra donc pas emmener l’enfant à l’école ou encore chez le médecin, ni obtenir un droit de garde dans l’éventualité d’une rupture avec son actuelle compagne.

Par contre, sa présence à ce poste doit bien aider dans les discussions avec les autres pays européens. Elle donne à la Serbie, du moins en façade un visage plus tolérant, et fait passer l’autoritarisme du président Vucic dans sa gestion des affaires du pays.

La Serbie comme l’Albanie et le Monténégro, ont des régimes durs aux méthodes parfois contestables. Certes, ils maintiennent une stabilité difficile à obtenir dans une zone balkanique, historiquement mouvementée. Cependant, ces régimes autoritaires, conservateurs et souvent rétrogrades en matière sociétale, deviennent un peu gênants, quand il s’agit de plaire à la majorité des 28, et parvenir à rejoindre l’UE 2025.

Crédit photo : NALED Serbia

Laisser un commentaire