Nous retenons plus ce que nous lisons sur le papier, que sur l’écran 

On peut se demander quel est l’avenir du livre papier à l’heure où les écrans de téléphones mobiles, de tablettes et d’ordinateurs envahissent notre quotidien. On serait tenté de croire à son déclin, parfois avec réticence, cependant, les derniers résultats de recherches pourraient donner un répit, et même un regain d’intérêt bien mérité au livre.

En la matière, 2 méta-analyses publiées en 2018 font références. Celle de Kong, Seo et Zhai portant sur 17 études, publiées dans le journal Computers & Education, et celle de Delgado et de ses collègues, portant sur 54 études effectuées auprès de 170 000 lecteurs environ, est publiée dans Educational Research Review. Il en ressort, que la compréhension des textes est significativement meilleure lorsque la lecture s’effectue sur papier que sur écran.

Si ces 2 études présentent quelques différences de méthodologie, elles débouchent sur une même constatation. C’est encore pour une grande majorité d’entre nous, plus facile de comprendre et de retenir ce que nous lisons sur du support papier.

La première explication consiste à évoquer le manque de recul et le poids de l’habitude surtout chez les plus anciens d’entre nous. Or, c’est là que les choses deviennent plus surprenantes, car pour Delgado, c’est exactement l’inverse qui se produit. Selon son équipe, la différence de performances de compréhension entre écran et papier, s’accroît dans les études les plus récentes par rapport aux plus anciennes. Le manque relatif d’expérience par rapport à la technologie, n’explique donc pas les avantages du papier en matière de lecture.

En fait, la lecture serait aussi une expérience sensorielle. La lecture d’un livre implique non seulement l’analyse et le traitement de son contenu, mais aussi l’association que l’on fait avec l’objet d’un point de vue sensoriel. De nombreuses caractéristiques, comme la forme, la couverture du livre, l’odeur, nombre et épaisseur des pages sont autant de variables qui aident notre cerveau à intégrer les informations qui lui parviennent, et à mieux les retenir dans la durée.

Une expérience simple a été faite pour mieux synthétiser tout cela. Les auteurs, ont demandé aux participants de l’étude de lire un long texte narratif en utilisant soit un livre soit une liseuse. Les performances générales de compréhension sont les mêmes, cependant, la lecture sur papier permettrait de mieux se rappeler où les phrases sont apparues précisément et dans quel ordre les événements se sont déroulés. Il s’agit d’une forme d’appropriation de l’objet, que les écrans moins malléables ne peuvent offrir.

La manipulation d’un vrai livre pendant la lecture apporte des informations sensorielles et motrices plus riches, ce qui permet de mieux traiter et de mieux mémoriser le texte et l’organisation temporelle des événements décrits. Ainsi, les données scientifiques actuelles nous amènent à continuer de privilégier la lecture de livres imprimés si l’on souhaite favoriser la compréhension et la mémorisation de ce qui est lu.

Qu’on se le dise et qu’on le lise…

Crédit photo : aaron burden

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