Dans les médias aussi, les violences sexistes et sexuelles existent

L’affaire de la Ligue du LOL, n’a pas été sans conséquence. Elle a levé le voile sur des pratiques que l’on n’attendait pas dans le monde des médias. En effet, dans un univers où dénoncer les agissements de ce style se fait presque quotidiennement, on aurait pu penser, certes un peu naïvement que les choses se passaient différemment.

 Erreur grave, entre conseiller, dénoncer chez les autres et s’appliquer la même rigueur, il y a parfois un large fossé. Il faut bien avouer, que l’enquête qui a suivi la divulgation de pratiques glauques dans l’affaire de la Ligue du LOL ne va pas redorer l’image déjà écornée des journalistes qui se croient au-dessus des autres. L’enquête, appelée #EntenduAlaredac révèle que les violences sexistes et sexuelles sont “massives” dans les médias.

 L’enquête a porté sur 1 800 journalistes et c’est un peu comme si on avait soulevé le couvercle de la cocotte-minute. Les collectifs, qui ont recensé les cas dans plus de 200 rédactions tirent la sonnette d’alarme.

Plus en détails, sur les 1 837 réponses 1 500 personnes déclarent avoir été victimes ou témoins d’au moins un agissement sexiste dans le cadre de leur travail. Parmi elles, 199 personnes victimes d’agression sexuelle ont témoigné (dont 188 femmes) et deux viols ayant eu lieu dans le cadre du travail ont été rapportés.

De plus, les réponses de l’étude démontrent que les violences sont plus fréquentes à la télévision que dans les autres médias. De surcroît, elles sont aussi plus fréquentes vis-à-vis des femmes racisées et des hommes homosexuels. Elles profitent d’une apathie générale qui empêche les remontées d’informations, un comble pour des journalistes d’investigations et des rédactions à l’affût de… Dans 83 % des cas, les faits de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle, ne remontent pas aux ressources humaines ou à la direction.

Pour compléter le tableau, dans 60 % des cas d’agression sexuelle comme dans 70 % des cas de harcèlement, les rédactions n’ont pas réagi suite au signalement.

Notons tout de même, que suite à l’affaire de la “Ligue du LOL”, une dizaine de mises à pied ont été décidées, tandis que Libération et Les Inrocks se sont chacun séparé de deux journalistes impliqués. Très récemment, trois nouveaux cas ont été évoqués. Tout d’abord, au Monde, où l’on a appris que huit femmes, des attachées de presse pour la plupart, ont déposé plainte contre un journaliste du quotidien, après avoir reçu des photos de lui nu en 2016 et 2017. 5 femmes ont déposé plainte contre un responsable des jeux d’Europe 1, également délégué syndical, pour harcèlement moral et sexuel. Enfin, le site Streetpress explique comment un cadre de RMC a été “poussé vers la sortie après des comportements déplacés et misogynes”.

Crédit photo : absolutvision

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