Comme d’habitude, l’Eurovision 2019 sera aussi l’Eurovision de la polémique

Dans Eurovision 2019, il y a Euro, et souvent les mots commençant par Euro sont de parfaits sujets à polémique. Chaque pays utilise les mêmes méthodes pour mettre un sujet en avant, faire du buzz, détourner un peu l’attention, promouvoir son candidat. Le résultat, fait que souvent on parle plus de l’événement avant et après qu’il est eu lieu. Tout le tapage autour, ne reflète en rien une compétition, qui a perdu de son aura et de sa symbolique. 

A l’image de la communauté Européenne, plus il y a de pays participants, et plus les sujets de discorde sont nombreux. Tout d’abord, nous retrouvons les faits purement anecdotiques, qui restent au niveau de chaque Etat. Il s’agit de quelques différends entre artistes, ou des polémiques autour de la présentation, du style de l’interprète ou le sujet de la chanson.

Cependant, nous retrouvons aussi des sujets plus graves et qui concernent la politique et la diplomatie entre différents Etats. Le plus récent est l’Ukraine, qui ne participera finalement pas à l’Eurovision. C’est une chanteuse nommée Maruv, qui a remporté la finale de la sélection ukrainienne pour l’Eurovision. Problème, si la jeune femme est une star en Ukraine, elle est aussi très populaire chez l’ennemi juré, à savoir la Russie. Selon les termes de son contrat, elle ne peut se produire en Russie, elle doit choisir, or Maruv a refusé. C’est donc le trio Freedom Jazz, le second qui a été désigné pour représenter le pays, le trio a refusé. Ce fut pareil pour les suivants, qui ne se sentaient plus vraiment légitimes. Finalement, de petites phrases acerbes en déclarations revendicatives, le constat d’une crise a abouti au retrait pur et simple de l’Ukraine de la compétition.

Sans aller jusque-là, nos amis italiens rappellent à l’occasion le virage politique qu’ils ont fait. Le candidat qui va représenter le pays est loin de faire l’unanimité. Il s’agit de Mahmoud, celui-ci doit plus sa victoire aux journalistes et au jury d’experts, qui ont voté massivement pour lui. A l’inverse les téléspectateurs ont préféré Ultimo pour 46,50 % des suffrages. Il en fallait pas plus pour lancer une polémique que Luigi di Maio le vice-président du Conseil des ministres, a bien alimentée, en insistant sur la différence entre le choix du peuple et celui des élites. De son côté, Matteo Salvini, vice-président du Conseil, n’a pas trouvé mieux de tweeter que Mahmood n’était pas sa préférence.

Du coup, avec trois mots d’Arabe dans “Soldi” sa chanson, et étant né d’une mère italienne et d’un père égyptien, Mahmood fut la cible privilégiée des couplets racistes. En attendant, “Soldi” est en tête des meilleures ventes de singles.

La polémique va se loger même chez les pays habitués à plus de calme en apparence comme l’Islande. Nous retrouvons pour l’occasion, un grand classique de la polémique et de la revendication, la prise de position contre la politique de l’Israël. Les membres du groupe Hatari, grand favori, ont déclaré dans une interview que s’ils participaient au concours, ils en profiteraient pour s’exprimer sur ce que vivent les Palestiniens. Cette attitude a l’avantage d’être assez populaire en Islande ou une pétition pour que leur pays boycott l’Eurovision à Tel-Aviv avait recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures le printemps dernier.

Nous n’échappons pas au phénomène, la polémique peut venir par exemple de la diffusion d’une série israélienne “Douze points en mai. L’histoire évoque un chanteur français gay et d’origine maghrébine, qui tout en participant au concours de chansons, se retrouve mêlé malgré lui à un projet terroriste. L’amalgame avec Bilal Hassani est vite fait, même si le projet a été lancé l’été dernier, bien avant que la candidature de Bilal Hassani soit officielle.

Crédit photo : MPD01605

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