Politique : les nouveaux noms tendance des Partis français

Il est peut-être présomptueux d’appeler cela une évolution, mais nous pouvons constater que les noms des Partis politiques en France, ont considérablement changé. De même, que les tendances et les vieux clivages bougent, les références ne sont plus les mêmes dans les appellations. D’ailleurs, quand on voit certains noms, on peut douter des références, et même se demander s’il y en a.

Les plus anciens, se souviennent qu’autrefois, on passait difficilement à droite d’un UNR (Union pour la nouvelle République) à un UDR (Union pour la défense de la République). A gauche, le PC restait le PC et seuls les socialistes, ont osé enterrer la SFIO, pour partir dans un délire créatif fou, qui les a amené à un nom original pour des socialistes, le Parti Socialiste.

Cela c’était avant, maintenant les communicants ont pris le pas sur les militants et fini les noms de Partis ringards. Comme pour de nombreuses choses, les électeurs restent des consommateurs et des politiques comme pour le reste. Cela veut dire des attitudes plus volatiles et inconstantes. Un électeur ne se garde plus à tout prix, il faut en capter d’autres à tout prix.

Comme pour tout bon produit, le nom de la formation politique devient trop important pour le laisser à des politiques purs et durs. Fini d’ailleurs le mot “Parti”, trop vieux, trop marqué du sceau de l’infamie et de tous les maux de la politique.

Il faut désormais choisir un terme accrocheur, qui rassemble et si possible “fun”. Les gens se lassent de la politique, qu’à cela ne tienne. Les Partis, non…pardon, on dit les mouvements vont maintenant permettre de participer à une exaltante expérience communautaire, qui va leur permettre d’exprimer et faire partager leur vision des choses dans un moment fraternel intense et plein de sensations fortes et de contacts humains. En fait, ils vont participer à une campagne électorale, et pour certains distribuer des tracts sur les marchés, au risque de se faire traiter de tous les noms.

Alors pour cela, il faut un beau packaging, et cela passe par des noms et des slogans ronflants. L’extrême-droite, ne fait plus front contre, mais rassemble ceux qu’elle n’exclut pas. D’autres proposent aux “Patriotes” de rester “Debout la France”. C’est fini, les conservateurs ne défendent plus la République, ils sont “Républicains”, ça fait plus USA. Heureusement d’ailleurs, que la République est là, puisqu’on peut la mettre en marche pour arriver à un magnifique LREM compatible avec “En marche avec Emmanuel Macron”, quel jeu de mots, c’est Maître Capello, qui doit être impressionné.

Pas mieux de l’autre côté, on notera que la France Insoumise, a une notion floue de l’insoumission dans certains aspects de son fonctionnement et surtout dans un désir farouche de l’intervention étatique. Cependant, le nom se concentre malicieusement sur une attitude de contestation et la manière de prendre le pouvoir, mais pas de l’exercer.

Enfin, que dire du mouvement “Génération.s”, en effet que dire et c’est un peu cela le problème, on a du mal à dire quelque chose et c’est dramatique. Les plus jeunes s’y retrouvent peut-être. Dans la série, on cogite le nom autant que les idées, on peut rajouter ceux dont les initiales sont évocatrices comme “Alternative pour un programme républicain, écologiste et socialiste”, qui donne APRES.

Toute cette réflexion fait certainement un peu vieux grincheux, mais tout de même, sachez que le PIR de cette “Nouvelle Donne”, c’est quand le “Parti Pirate” et “La Force du 13” vont “AGIR”, alors “Le trèfle” et le SIEL, ne seront plus pareils.

Crédit photo : Richard Mallié

 

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