On ne verra plus beaucoup de A380 dans le ciel, Airbus arrête la production

C’est fini pour le très gros porteur long-courrier, A380. Les livraisons vont se terminer en 2021. C’est la décision de la compagnie Emirates, principale cliente de l’appareil, de ne plus passer de commandes, qui a définitivement scellé l’avenir du A380. Cet arrêt de production, n’est pas vraiment une bonne chose pour l’image d’Airbus.

Paradoxalement, l’appareil est l’avion préféré des passagers dans le monde entier. Cependant, il n’a pas la cote auprès des compagnies. En effet, quand la production de l’A380 s’arrêtera en 2021, ce seront seulement 250 exemplaires qui auront été vendus. On lui reproche notamment une consommation en kérosène, trop importante. Il est regrettable, que l’avionneur n’est pas voulu opter pour une version remotorisée, dite Neo. Bien sûr, cela aurait coûté un investissement de 2 milliards d’euros, exigé pour la conception d’un A380 Neo, mais cela lui aurait permis de rester dans la cadence de son grand rival.

En effet, si les ventes de l’A380 ont piétiné, d’autres se renforcent. Le malheur des uns, fait le bonheur des autres et l’arrêt du gros-porteur d’Airbus tombe au moment, où son rival Boeing célèbre le cinquantième anniversaire de son 747. L’A380, devait prendre la suite du 747 en proie à l’époque, à de nombreuses critiques. Les compagnies reprochaient au 747 d’être un quadrimoteur, ce qui impliquait des risques de panne démultipliés. Cependant, la patience de Boeing, a payé au fur et à mesure. Il a déjà vendu 1 572 exemplaires de son super jumbo, très loin devant son concurrent européen.

Au niveau industriel, la firme avait déjà anticipé la disparition de l’A380, car les carnets de commandes étaient vides et l’annonce de cet arrêt définitif de production, ne devrait pas avoir de conséquences sur l’emploi chez l’avionneur européen. Depuis trois ans, faute de clients, Airbus ralentit les cadences de production. Les 3 500 salariés actuellement affectés au programme du super jumbo, seront ventilés principalement sur les lignes de production de l’A330 et de l’A350.

De plus, cette mauvaise nouvelle est à replacer dans un contexte favorable pour Airbus, qui connaît une très bonne santé financière. En 2018, il a enregistré un chiffre d’affaires de près de 64 milliards d’euros, contre 59 milliards d’euros un an plus tôt, soit une hausse de 8 %.

De quoi mettre un peu de baume au cœur du président exécutif d’Airbus, Tom Enders, qui passera la main à son successeur Guillaume Faury et quittera ses fonctions le 10 avril. Il laisse une entreprise, qui détient la panoplie complète des avions commerciaux, du plus petit des moyens-courriers au plus gros porteur long-courrier. Sans compter, que l’avionneur européen demeure le maître du moyen-courrier, le segment le plus demandé par les compagnies aériennes du monde entier. Airbus détient plus de 60 % de parts de marché.

Crédit photo : air france a380

 

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