Heurts et malheurs de certains représentants des gilets jaunes

Comme tous mouvements ou actions, les gilets jaunes consacrent leurs héros. Certains, sont mis ou se mettent en avant plus ou moins spontanément. Cependant, tout n’est pas forcément rose pour ces personnes, car les lendemains sont difficiles, quand il faut faire face aux critiques, à la mauvaise foi et parfois même, à la calomnie et les menaces. C’est pour cela, que certains leaders décident d’arrêter, lassés par les attaques sur les réseaux sociaux et les violences.

On peut rétorquer, que le mouvement des gilets jaunes revendique cette horizontalité, il en a fait une spécificité et une condition de sa nature. Il ne supporterait pas d’être incarné par quelques leaders, notamment auprès des médias. C’est pour cela, que les plus aguerris et ceux qui continuent, rappellent régulièrement, comme un leitmotiv indispensable à leur survie, “ne pas être le chef” et rester “qu’un simple gilet jaune” comme les autres.

Pour d’autres, ils payent le prix fort leur volonté d’organiser un peu plus les choses pour obtenir des résultats concrets et ne pas dériver au gré des humeurs et des contradictions.

Parmi eux, on retrouve Ingrid Levavasseur, cette aide-soignante qui parcoure la France pour soutenir les rassemblements et se retrouve sur des plateaux de télévision. Elle a été victime d’insultes sur les réseaux sociaux lorsqu’elle a évoqué l’idée de marquer une trêve des blocages pendant les fêtes. À Vesoul, Céline Roy, 22 ans, porte-parole du mouvement pendant des semaines, a aussi arrêté. D’un côté, elle est condamnée à deux mois de prison avec sursis pour entrave à la circulation à la suite du blocage d’un train SNCF. De l’autre côté, elle explique ” j’ai donné une interview et raconté qu’on m’avait proposé une place en politique. Sur les réseaux sociaux, on m’a dit que j’étais une corrompue“. Elle affirme aussi avoir reçu de nombreuses menaces.

Même histoire pour le promoteur immobilier Fabrice Schlegel, il évoque des “lettres anonymes, des menaces de mort“. On prête à cet ancien candidat DVD aux élections départementales de 2015, d’entretenir des ambitions politiques. Difficile d’oublier Jacline Mouraud, qui en interpellant Emmanuel Macron sur Facebook, a acquis une notoriété soudaine. Une popularité fatale dans le mouvement des gilets jaunes et qui s’est traduite par un torrent d’insultes sur les réseaux sociaux. La figure du mouvement a finalement décidé d’engager des poursuites en justice.

“Heureusement qu’on n’est pas en 1793, parce que je serais passé à l’échafaud”, dit en riant jaune Fabrice Schlegel. En attendant, les sociologues se pencheront certainement sur l’importance des réseaux sociaux dans l’organisation du mouvement et sur la défiance envers toutes les organisations trop constituées. Ils verront peut-être dans cet épisode, le retour des “émotions populaires” comme on disait sous l’Ancien Régime.

Concernant ces leaders éphémères et jetables, à l’image de la société de consommation, pourtant exécrés par les gilets jaunes, on pourrait presque dire “ce qui naît par les réseaux sociaux périra par les réseaux sociaux”.

Crédit photo : EVE et ADAM

 

 

 

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