Les Corses sollicitent moins les aides auxquelles ils ont droit

De temps en temps, il est bon de mettre en avant des réalités qui contredisent les classiques allégations non fondées et les partis pris faciles. Alors que l’île est la région la plus pauvre de France, ses habitants sont parmi les Français qui sollicitent le moins les aides auxquelles ils ont droit. Maintenant, le tout est de se demander, pourquoi cela nous étonne “un peu”, ou “beaucoup” pour certains.

En attendant, les explications de ces phénomènes sont multiples. Cela semble se résumer en un mot, tabou. A l’exception du minimum vieillesse, les minima sociaux sont moins réclamés, car “les dossiers sont essentiellement instruits par des fonctionnaires locaux, que les allocataires peuvent connaître et auxquels ils veulent dissimuler leur situation”, avance l’ancien responsable d’un service social.

Selon Guillaume Guidoni, ex-conseiller économique à l’Agence de développement de la Corse, et actuel directeur de la société Gecodia, société de conseil en analyse économique, d’autres facteurs contribuent à expliquer le phénomène. Par exemple, la forte proportion de familles monoparentales fortement déstructurées, met un frein considérable à la constitution de dossiers solides en bonne et due forme. La question se pose alors “les services sociaux exercent-ils une action proactive ? Cherchent-ils les éventuels allocataires” ?

Au-delà, du farniente de cartes postales, des règlements de comptes et des scandales politiques, 19,8 % des habitants vivent au sein d’un foyer dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté. Magalie Bonnefont, responsable du service étude et statistique à l’Insee, explique “si les familles monoparentales, les jeunes de moins de 30 ans et les personnes âgées sont les plus touchés, le taux de pauvreté est en réalité généralisé : par âge, par composition des revenus ou la taille des ménages”.

Loin de vouloir plus, il s’agit de vouloir juste, cela explique que l’on ne trouve pratiquement pas de “gilets jaunes” en Corse. “Avec ses revendications propres, comme la prime d’insularité destinée à compenser le coût de la vie, l’agenda social corse est souvent déconnecté par rapport à celui du continent, avance un responsable syndical. Les grandes manifestations sont relativement peu suivies ici, au profit de mobilisations plus ciblées sur des questions spécifiquement locales”.

Crédit photo : vidar-nordli-mathisen

 

 

 

 

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