Equitation : clonage et génétique dans le monde des chevaux du polo Argentin

L’élevage et la compétition à un certain niveau, ne peuvent plus se contenter du hasard. En Argentine, ou la pratique du polo est reine, des scientifiques cherchent à déterminer quels gênes font des chevaux locaux les meilleures montures de ce sport équestre. De fait, le clonage est largement utilisé.

Le Polo est arrivé en Argentine à la fin du XIXe siècle par les migrants anglais, et sa pratique est devenue une institution. Les chevaux, sont le centre de toutes les attentions. Les “polos argentins” ont une petite taille et une fine musculature. Les éleveurs, ont affiné des qualités qui en font des montures à la fois rapides et résistantes, explosives et dociles, explique Guillermo Buchanan, vétérinaire de l’Association argentine d’éleveurs de chevaux de polo.

Ses caractéristiques ne sont pas le fruit du hasard génétique, mais le résultat d’un processus de croisement à l’œuvre depuis des décennies entre la lignée créole (criollo), descendante des premiers purs-sangs arabes emmenés par les conquistadors espagnols, et la lignée anglaise.

A partir de là, les Argentins se sont lancés dans différents programmes concernant la transplantation d’embryons et le choix du sexe de l’animal, car les juments étant plus dociles, elles sont préférées sur les terrains. A l’heure actuelle, les éleveurs n’hésitent pas à recourir au clonage, qui s’est répandu ces dernières années avec la bénédiction de l’Association nationale de polo.

A ce sujet, 80 000 chevaux de polo argentins vont ainsi être l’objet d’un programme visant à cartographier le génome de l’animal. Les résultats devraient permettre le lancement d’un programme de sélection génétique, afin d’optimiser les caractéristiques physiques et le tempérament des futures montures.

C’est ainsi, que le polo argentin est devenu l’animal le plus cloné au monde et les clones sont désormais nombreux sur les terrains, où ils obtiennent d’excellents résultats. Un des clones d’une jument légendaire, a ainsi été vendu récemment 800 000 dollars aux enchères.

La limite n’est peut-être pas atteinte, car un laboratoire privé a progressé en matière de manipulation génétique, mais il a renoncé à utiliser ses avancées, car la pratique n’étant pas autorisée par la loi. La question est jusqu’à quand ?

Heureusement, il reste au milieu de toute cette folie, la magie du dressage. Pour un cheval de polo, cela peut prendre sept ans. Ezequiel Correa, 33 ans, spécialiste de la discipline explique, “c’est comme apprendre à un enfant à lire, une lettre à la fois. Si vous le faites lire devant la classe, vous le traumatisez. Si vous exposez le cheval au polo et qu’il n’est pas prêt, il est traumatisé. Il est ensuite très difficile de revenir en arrière“.

A cela, se rajoute la relation cheval et cavalier, qui demande à ce dernier un vrai savoir-faire à travers un travail de jambes et de communication qui est unique.

Faudra-t-il un jour cloner le cheval et le cavalier ?

Crédit photo : francisco deane

 

 

 

 

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