Suède : le baron qui revendique sa haine des loups, arrêté pour braconnage

Une histoire mettant en scène, des loups et un baron multimillionnaire ne pouvait rester dans le cadre local de ce petit coin de Suède. Les faits relèvent d’une triviale affaire de braconnage. Cependant, parmi les braconniers, on retrouve Karl Hedin, 69 ans, un baron très riche, qui hait les loups. Nous retrouvons une vieille recette, qui marche toujours, la guerre de territoire entre l’homme et la bête.

Ils sont quatre autres suspects, tous employés dans les entreprises de Karl Hedin. Arrêté la semaine dernière sur dénonciation et écroué, Karl Hedin et ses complices présumés, sont soupçonnés d’avoir incinéré deux cadavres de loups dans le four d’une de ses scieries à Karbenning (centre). Ils encourent jusqu’à quatre ans de prison.

Bien sûr, l’industriel héritier d’un empire du bois, et dont la fortune est estimée à 200 millions d’euros, nie les faits, et son avocat se refuse à tout commentaire.

Seulement, le septuagénaire est connu pour être un chasseur aguerri. Il a déjà à son tableau de chasse, des centaines d’élans entre autres. Il revendique son opposition depuis longtemps à la politique suédoise de protection des loups. A ce sujet, Karl Hedin a même publié des livres indiquant, “le loup prend possession du territoire des hommes“.

Si le baron a écrit un livre, c’est parce qu’il n’est pas le seul à penser cela, et comme en France, ce débat de société est sensible, surtout dans les régions ou le canidé vit à proximité des villages. Il faut dire, qu’environ 300 loups vivent maintenant au centre du pays.

Ils font l’objet d’une surveillance et pour une bonne régulation, un quota de “chasse préventive” est fixé en principe chaque année, pour empêcher les attaques sur les rennes, le bétail et les chiens.

Cela n’est pas du goût des chasseurs, et la Fédération suédoise de la chasse estime, que le nombre de loups devrait descendre à 150 individus. Pour eux, il ne s’agit pas de réelle menace sur l’homme, mais d’une gêne sur le mode de vie des locaux.

Comme souvent, dans pareil cas, chacun campe sur ses positions et a l’impression de ne pas être écouté à défaut d’être compris.

Les organisations de défense du loup appellent de leur côté à plus de dialogue entre locaux, politiques et chasseurs. Cela fait dire à Mats Forslund, expert du WWF (Fonds mondial pour la nature) en Suède, “les populations concernées doivent être associées et sentir qu’elles ont voix au chapitre“. Il ajoute, “l’ensemble des organisations de chasseurs et de protection de la nature ont une approche plus convergente que ce qu’on pense. Nous avons des désaccords sur le nombre de loups à protéger, mais dans l’ensemble peu de choses nous séparent“.

Si la présence du canidé suscite une certaine crainte des habitants, rappelons que le dernier accident mortel avec un loup sauvage en Suède, remonte au début des années 1800.

Il vaudrait mieux, comme dans d’autres endroits, que les choses se règlent par la négociation pour éviter que des extrémistes, baron ou pas, fassent ce qu’ils veulent.

Crédit photo : Sioban (o.o)

 

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