Ambiance morose au 79e Congrès des HLM

Le 79e Congrès des HLM, qui vient de se dérouler à Marseille donne l’occasion de faire le point. Inutile de tourner autour du pot, les temps sont durs et l’ambiance est particulièrement morose. Il faut dire, que depuis la loi de finances de 2018, les bailleurs sociaux ont été privés de 8 % de leurs recettes. Cela fragilise un équilibre économique, déjà bien précaire.

Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui fédère les 694 organismes HLM, est explicite “la situation est graveLe mouvement HLM travaille, mais il est inquiet, car jamais les menaces qui planent sur nous n’ont été aussi fortes”.

Marianne Louis, directrice générale de l’USH, espère que le gouvernement atténuera ce traitement de choc après les négociations prévues en fin d’année. Elle soutient, “nous sommes des acteurs qui voyons à très long terme, présents sur tout le territoire où nous apportons de la stabilité et de la sécurité”. Elle est rejointe par Thierry Debrand, président du conseil social de l’USH, “nous sommes victimes de notre bonne gestion, de notre santé financière. Grâce à elles, nous avons pourtant répondu présent en 2008, en pleine crise, lorsqu’il a fallu racheter 30 000 logements aux promoteurs pour les sauver de la faillite”.

Le premier risque de cette perte de moyen, est de limiter les investissements et de faire chuter la production de logements sociaux, alors que la liste des demandeurs dépasse désormais en France, deux millions de candidats, soit 10 % de plus qu’en 2017.

Une faiblesse et des difficultés tangibles déjà depuis 2016 et qui risque de s’accentuer comme le prédit la Caisse des dépôts. Elle anticipe, dans une étude publiée d’ici à vingt ans, une chute de 38 % de leur production de logements.

Tout ceci n’est pas à l’avantage des locataires, qui sont les derniers maillons de la chaîne. Certains bailleurs sociaux lésinent déjà sur l’entretien des cages d’escalier, d’autres se lancent sans prévenir dans la vente de logements.

Un autre souci se retrouve dans la création de grandes entités regroupant au moins 12 000 logements sociaux. “Nous étions 42 administrateurs locataires élus, nous ne serons plus le premier janvier prochain que trois, sans doute centralisés à Paris. C’est un affaiblissement sans précédent de la représentation des locataires”, proteste Serge Ostric, locataire et administrateur du Nouveau Logis provençal.

Le plus regrettable, c’est que la France en la matière, a amorcé une politique bien avant les autres. L’Allemagne vient d’annoncer, un plan massif de 5,7 milliards d’euros sur trois ans pour construire des logements abordables. Au Royaume-Uni, la première ministre, Theresa May, attribut 2 milliards de livres par an pour relancer le logement social.

Cela fait dire à Cédric Van Styvendael, président de l’Organisation européenne des bailleurs sociaux Housing Europea, “la France est à contre-courant de l’Europe, car même la Commission européenne reconnaît que le manque de logements abordables est le principal facteur d’accroissement de la pauvreté”.

Crédit photo : lunavorax

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