Agriculture française : quand la Chine s’implantera…

De nouveaux acquéreurs de parcelles et investisseurs d’exploitations paysannes inquiètent des paysans français de certaines régions. Le centre de la France semble, devenu une cible pour des investisseurs chinois. Les paysans locaux craignent un jeu de spéculation foncière et boursière. Des manifestations ont eu lieu à Murs (centre) pour alerter l’opinion publique avec un slogan simple “la terre aux paysans”.

Dans la série, cela n’arrive pas qu’aux autres, les investisseurs chinois ne se contentent pas simplement d’acheter et d’investir dans des pays en voie de développement ou en grande difficulté. Ils ciblent aussi des régions précises ayant du potentiel pour pouvoir se diversifier. Comme ils le font si bien, ils s’implantent doucement, patiemment avec des objectifs plus lointains. Ainsi, depuis quelques années, l’attention de la Chine semble se tourner vers l’Australie, les Etats-Unis et l’Europe.

Il est vrai concernant cette pratique, que les Chinois ne sont pas novateurs. A juste titre, Nicolas Calame porte-parole de la Confédération Paysanne dans l’Indre, fait remarquer, “le problème n’est pas que les propriétaires soient chinois. C’est aussi scandaleux quand des Français s’accaparent des terres en Ukraine ou en Pologne, ou que le groupe Bolloré, qui n’a pas besoin de ça, achète des hectares de vignoble bordelais”. Le problème plus global, est la spéculation boursière grandissant autour de l’agriculture.

Pour en revenir à nos paysans du centre de la France, le consortium chinois Hongyang par exemple, a acquis dans cette région en 2016, 1 700 hectares. Il produit du blé destiné au marché mondial. Le groupe a également acheté 900 hectares dans l’Allier. Il n’est pas le seul, et même si tout cela est encore minoritaire, la tendance inquiète. Les acquisitions de terres par des entreprises asiatiques, ont été parfois réalisées grâce à des montages juridiques astucieux, mais parfois particulièrement limites. Il reste surtout, que ces investissements participent à une explosion des prix, qui dissuade plein de jeunes néo-ruraux, qui aspirent à un retour à la terre.

Si un contrôle des structures sur la vente ou les locations de foncier existe en France, il s’est avéré inefficace. Pour la Confédération Paysanne, la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), organisme semi-public, qui gère les terres agricoles, devrait “acheter les terrains et décider ensuite à qui ils doivent être attribués, en fonction des projets d’installation, afin d’organiser la régulation du foncier“.

Du côté du gouvernement, le ministre français de l’Agriculture Stéphane Travert, attend les conclusions d’une mission parlementaire “pour pouvoir faire des propositions concrètes“. Il convient de ne pas tarder, car les esprits s’échauffent et sur le terrain les choses pourraient dramatiquement dégénérer. Rappelons tout de même, que le président français Emmanuel Macron, avait annoncé la mise en place de “verrous réglementaires” sur les achats de terres agricoles par des étrangers.

Crédit photo : Denis Trente-Huittessan

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire