Etats-Unis : les personnes âgées de plus en plus accrocs aux antalgiques opioïdes

Avec l’âge, on ne prend pas que de la valeur et les douleurs se font plus présentes. Le recours à des médicaments pour soulager les douleurs quotidiennes se fait plus pressant aux États-Unis. 81 % des plus de 65 ans sont concernés par des maladies chroniques telles que l’arthrite, l’hypertension, les maladies cardiaques et le diabète. De fait, le recours à une posologie toujours plus forte d’antalgiques opioïdes, qui sont des drogues censées être prises à petites doses, devient de plus en plus inquiétant.

L’encadrement médical de ces traitements s’avère déficient, et en 2017, le nombre total de morts par overdose, était estimé à près de 72 000 et ne cesse d’augmenter. Les prévisions sont pessimistes et marquent la nécessité qu’il y a de systématiser un accompagnement médical suffisant pour les patients sous traitements opiacés.

Comme souvent, cette hausse des morts par surdose d’opioïdes chez les personnes âgées s’explique par plusieurs facteurs. On peut retrouver, comme le fait remarquer “The Atlantic” dans un article, “les personnes âgées de couleur, qui font face à plus d’obstacles pour obtenir les médicaments dont elles ont besoin pour lutter contre la douleur, peuvent obtenir des ordonnances par leurs amis ou leur famille sans avoir des instructions appropriées”.

Néanmoins, il n’y a pas que cela, la relation entre le médecin et son patient, semble souvent insuffisante. Les chercheurs du Michigan, ont mené un sondage qui a révélé que sur 2 000 personnes entre 50 et 80 ans, 29 % déclaraient avoir reçu une prescription d’opioïdes pour lutter contre la douleur au cours des deux dernières années. Hélas, si 90 % ont effectivement parlé avec leur médecin ou pharmacien de la fréquence à laquelle en consommer, seulement 60 % ont abordé la question des effets secondaires, 48 % celle des risques d’addiction et 43 % celle des risques d’overdose. Derrière ce manque d’information, on retrouve le manque de temps dont peuvent disposer les professionnels de la santé avec leurs patients dans des hôpitaux et cabinets surchargés et en manque de personnel, ce qui les pousse à des traitements plus expéditifs.

Le vieillissement et ses effets négatifs sur la population, ajoutent la gestion de la douleur à la longue liste des réponses médicales indispensables à apporter. Si l’enjeu augmente ainsi que les risques, les pouvoirs publics des pays occidentaux, ne pourront pas éternellement maintenir un statu quo coupable.

Crédit photo : laurin.suzanne

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