Fatigués, usés, dépités, voilà le quotidien des maires

D’après le répertoire national des élus (RNE), le nombre de maires ayant quitté leur fonction, depuis 2014, est en hausse de 55 % par rapport à la précédente mandature. La charge de travail et les problèmes inhérents à leur fonction, sont tels, qu’ils décident avant la fin de leur mandat de tout arrêter.

Faisant un petit tour rapide sur l’essentiel des fonctions d’un maire. En tant que représentant de l’État dans la commune, le maire est notamment chargé de l’état-civil, de la révision et de la tenue des listes électorales, de l’organisation des élections ainsi que du recensement pour le service national. Ses attributions sont également, l’urbanisme et logement, écoles et équipement, activités culturelles, etc…etc… Il a également pour mission, de répondre aux besoins de la population. Ce n’est pas tout, car la nature humaine n’étant guère patiente, il sera demandé au maire de tout régler immédiatement. Par exemple, les places de parking occupées par des non-résidents, les poubelles mal vidées, le trottoir abîmé, et on en passe et pas des meilleurs.

De plus, le travail administratif s’est beaucoup intensifié, il est devenu lourd et contraignant. C’est pour cela, que le phénomène est plus important dans les petites communes. En effet, les différentes tâches et la pression sont bien moins partagées, faute de moyens et de personnel. Bref tout cela pour dire, que le maire, doit d’être sur le pont dès que ses concitoyens le demandent, et qu’une journée de 8 h doit être rare.

Parlons un peu des dotations, car malgré une légère hausse de son montant global en 2018, près de la moitié des communes, ont vu leur dotation baisser cette année, selon l’Association des maires de France (AMF), qui a réclamé mi-juillet la création “en urgence” d’un fonds spécial pour les communes les plus en difficulté. Malheureusement, il n’est pas rare actuellement d’entendre un maire dire, qu’il ne sait pas comment faire face aux dépenses de la commune.

D’après le baromètre 2018 du Cevipof (Centre de recherches politique de Sciences Po), la confiance des Français envers leur maire a baissé de 9 points en un an. “Le niveau d’attente augmente d’autant plus qu’il y a un report de problèmes nationaux sur le local, comme la disparition des services publics“, observe Luc Rouban, directeur de recherches à Sciences Po, qui s’inquiète d’une “crise des vocations” pour l’échéance de 2020.

Pour André Laignel, vice-président de l’AMF, “demain, il ne restera plus au maire que le privilège de l’état-civil et de l’écharpe” et il rajoute, “l’affaiblissement voire la disparition des communes constitue un recul de la démocratie et du vivre ensemble“.

Crédit photo : Michel Puech

 

 

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