La deuxième vie parallèle des Eurodéputés

Eurodéputés, c’est un bon poste particulièrement prisé, mais aussi particulièrement aléatoire. Il faut donc penser à la suite en cas de non-élection. Au Parlement européen, près d’un tiers, des élus (31 %) exercent, en plus de leur mandat à plein temps, une activité rémunérée. Si la pratique n’est pas illégale, l’ONG, Transparency International a passé au peigne fin 2 000 déclarations d’intérêts d’eurodéputés pour montrer de nombreux risques de conflit d’intérêts. L’occasion de s’apercevoir que certains eurodéputés ont une drôle de seconde occupation.

Dans les activités recensées par Transparency International EU, on retrouve de tout. Il est vrai que l’on parle de 1 366 activités parallèles qui sont aujourd’hui déclarées par les eurodéputés. Entre 9 et 30 députés européens gagnent même plus grâce à leur profession annexe qu’avec leur salaire du Parlement. Ce qui peut paraître étonnant, c’est qu’au cours de ces 5 dernières années, aucun n’a jamais été condamné pour violation de l’éthique.

Transparency International EU, a tout de même fait remarquer que trois eurodéputés exercent actuellement une activité rémunérée pour des organisations inscrites dans le registre européen des lobbies.

Côté français, nous ne sommes pas en reste et en terme de revenus issus d’activités parallèles par pays, la France est même première au classement. Dans la liste des eurodéputés gagnant le plus d’argent grâce à des travaux annexes à leur mandat, Renaud Muselier figure en 4e position, suivi par Rachida Dati. Le premier est médecin et officie en tant que directeur d’une société médicale. La deuxième est payée comme avocate. De son côté, Philippe Loiseau, eurodéputé du Rassemblement national (ex-FN) prend, la 20e position en tant qu’agriculteur.

Concernant des activités plus étonnantes, il faut souligner un gros entrepreneur Renato Soru, eurodéputé italien également directeur de Tiscali, le fournisseur d’accès à internet qu’il a créé et le Lituanien Antanas Guoga qui, à ses heures perdues, est également entrepreneur et joueur de poker.

Transparency International EU, attire notamment l’attention sur le peu de précisions fournies par les élus. Certains énoncés et descriptions d’activités se limitent à “consultant”, “avocat” ou “freelance”. Ce flou, savamment entretenu laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses et rend le contrôle de ces activités par les journalistes ou la société civile impossible.

Crédit photo : nemdil

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