La généalogie au service de la justice

On peut imaginer qu’avec le temps les choses s’oublient, les paroles et les actes s’estompent, et même les meurtres irrésolus passent aux oubliettes de l’histoire. C’est de plus en plus difficile, car la science et le progrès mettent leur nez partout. Ainsi, aux États-Unis, le tueur du Golden Gate a été arrêté à 72 ans. Il est suspecté d’avoir commis au moins treize meurtres, cinquante viols et une centaine de vols en Californie de 1974 à 1986. L’affaire a pu être résolue notamment grâce à une base de données généalogiques en ligne, appelée GEDMatch.

GEDMatch, rassemble les données analysées par les plus grands sites de tests génétiques comme 23andMe ou Ancestry. Le développement important de ces sites, permet d’aller là où les fichiers de la police ne vont pas, car ceux-ci ne recensent que l’ADN des personnes déjà arrêtées. Même si la propre base de données génétiques de la police recueille seize millions d’ADN, les filiations sont forcément moins étendues que ce que l’on peut trouver sur un site de généalogie.

On notera qu’au passage, cela constitue un net détournement de son utilisation première, qui est de retrouver des membres de sa famille éloignée. C’est pour cela, que GEDMatch a mis à jour sa politique de confidentialité en informant les utilisateurs et utilisatrices que leurs données ADN, pourraient bien être analysées par la police pour résoudre des crimes.

A partir de là, les principes pour retrouver un parent et la résolution d’enquêtes criminelles sont nettement similaires. Dans les deux cas, la recherche utilise la comparaison d’ADN afin de créer un arbre généalogique, pour ensuite analyser branche par branche les individus et se recentrer sur une seule et même personne.

CeCe Moore, une généalogiste a récemment aidé la police à résoudre plusieurs affaires jusqu’ici non élucidées. Elle a ainsi participé à l’arrestation, en juin 2018, d’un ancien infirmier de 66 ans pour le viol et meurtre d’une petite fille de 12 ans, datant de 1986. En reconstituant un arbre généalogique précis, laissant apparaître notamment un grand-père qui n’en était pas un, elle a identifié deux suspects possibles en fonction de leur âge et adresse. Ensuite, la police a profité du fait que l’on peut utiliser un “morceau” laissé derrière soi pour comparer l’ADN, en l’occurrence une serviette en papier.

Même scénario pour un DJ de 49 ans, qui est arrêté pour un viol et meurtre datant de 1992. Un chewing-gum et une bouteille d’eau ont permis de confirmer, ce que la généalogiste avait déterminé grâce à l’arbre généalogique du tueur établi après avoir mis en ligne l’ADN retrouvé sur la scène de crime de l’époque.

Crédit photo : ksun3

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