L’Argentine : IVG enfin autorisée

Après plusieurs années de manifestations, de rencontres avec les gynécologues, de discussion à n’en plus finir avec les représentants de l’Eglise, l’Argentine a enfin légalisé l’IVG. Les députés ont adopté jeudi un projet de loi en faveur de l’avortement. Tous ne se sont pas prononcés “pour” 129 voix, car parmi les députés, se trouvent encore beaucoup de conservateurs, et ils ont voté “non” 125 voix. Encore un dernier barrage, et pas des moindres, car le texte de loi doit être présenté et entériné par le Sénat Argentin. C’est seulement à partir de là, que l’IVG deviendra légale dans toute l’Argentine.

Le catholicisme est une religion d’Etat en Argentine, et 92 % de la population, est de confession catholique. Les Partis politiques étant farouchement contre l’IVG, ont trouvé en l’Eglise, une alliée de taille. Les évêques argentins, ont depuis toujours étaient contre l’avortement, et à travers leurs fidèles vecteurs, ils ont manifesté contre l’avortement. Même le Pape François, s’est positionné contre l’IVG.

Chaque année, plusieurs centaines de femmes décèdent suite aux complications des IVG clandestines. Selon Silvia Lospennato, députée de Proposition républicaine, coalition des Partis de droite, “c’est le temps du droit des femmes”. Or, dans les rangs de Sylvia Lospennato, beaucoup sont farouchement contre ce texte de loi. Adolpho Rubinstein, ministre Argentin de la Santé publique, pour qui la légalisation de l’IVG est avant tout une nécessité, il explique “47 000 hospitalisations liées à des interruptions volontaires de grossesse sont enregistrés en une année dans les établissements publics”. Il rajoute, “plus de 90 % des IVG en Amérique latine sont des avortements à risque, parce que pratiqués par des non-professionnels”.

Face aux Partis politiques prônant encore et toujours une opposition à l’avortement, se sont élevées les voix des femmes. Elles sont soutenues par les associations féministes, comme par exemple “#NiUnaMenos” (pas une de moins en espagnol). En effet, les femmes argentines sont parties de loin, car jusqu’à présent, les IVG étaient autorisées uniquement en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère, ou de viol. Actuellement, l’Argentine est le 4e pays l’Amérique latine à autoriser l’avortement au même titre que Cuba, l’Uruguay, et l’agglomération de Mexico.

L’Argentine vient de vivre un jour historique, espérons qu’elle montrera le chemin aux pays voisins, ou l’avortement reste illégal même en cas de danger pour la mère.

Crédit photo : Urban Isthmus

Laisser un commentaire