Un rapport confirme la montée des agressions de médecins

En règle générale, on va voir le médecin pour qu’il vous soigne et vous aide. On imagine mal ce moment comme un temps d’agressivité. Pourtant, ce sont plus de 1 000 cas d’agressions, qui ont été recensés en 2017 par le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM). Cela constitue un nouveau triste record battu pour la seconde année consécutive. En première ligne, on retrouve les médecins généralistes et les femmes, ce sont les premiers à subir cette violence, qui est le plus généralement verbale.

Très exactement, ce sont ainsi 1 035 praticiens, qui ont subi une agression en 2017, dont 38 % ont débouché sur un dépôt de plainte. A titre de comparaison en 2003, année de la première édition de ce rapport, il était recensé 638 agressions. On peut aussi raisonnablement penser, que les chiffres sont probablement « très sous-estimés », notamment dans les quartiers sensibles, car certains praticiens préfèrent passer sous silence certains actes pour ne pas subir de plus graves représailles. Selon l’étude du CNOM, ce sont les centres-villes qui concentrent le plus d’agressions (53 %), loin devant les banlieues (21 %) et le milieu rural (13 %).

Les vols sont plus particulièrement en augmentation, avec près d’un quart des cas, le CNOM s’inquiétant particulièrement des vols d’ordonnances et d’ordonnanciers. Cependant, les agressions verbales comprenant insultes, menaces, harcèlements, restent les plus fréquentes (62 %). Plus exposés que ceux évoluant dans des grosses structures, les généralistes sont les plus attaqués (61 %), alors qu’ils ne représentent que 56 % de l’ensemble de la profession.

Thomas Cartier. un généraliste victime d’agression explique, “le généraliste est le récipiendaire de tous les dysfonctionnements du système. On peut difficilement orienter le patient et en même temps, comme nous sommes en première ligne, ça nous retombe toujours dessus”. Dans ce dernier rapport, avec 51 % des cas, et une hausse de cinq points, les femmes sont pour la première fois davantage représentées, que les hommes, alors qu’elles comptent seulement pour 47 % des médecins. Toujours selon Thomas Cartier, deux facteurs expliquent cette hausse, “elles sont aujourd’hui très majoritaires parmi les étudiants, qui surtout en médecine générale, commencent souvent leur carrière dans les endroits les plus difficiles”.

Face à cette situation, le CNOM appelle le gouvernement à rapidement mettre en place l’application numérique Reporty, qui permettrait au praticien de lancer discrètement une alerte et d’enregistrer l’image et le son, sans que cela apparaisse sur l’écran du téléphone portable. Ensuite, comme souvent, dans les phases d’agressions, il faut pour une majorité de victimes, passer le cap de la peur et systématiquement porter plainte, mais cela reste toujours plus facile à dire, à écrire, qu’à faire.

Crédit photo : Popular Ask

 

 

 

 

 

 

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