Braconnage dans les Calanques, ce n’est pas une “galéjade”

Quand on parle de braconnage, on imagine ivoire, animaux exotiques et contrées africaines. Cependant, le braconnage sévit aussi en France, car des zones protégées existent, et elles ne sont pas forcément respectées. Parmi ces zones, il y a le Parc national des Calanques.

Dans ce parc, des zones de non-prélèvement représentent 4 634 hectares sur les 43 500 hectares du cœur marin du parc. Une partie des eaux est donc complètement interdite à la pêche, et des quotas ont été instaurés pour le reste. Il faut donc bien 19 gardes, bientôt 21 pour surveiller des secteurs qui attisent toutes les convoitises.

Samuel Clerici, responsable de la police de l’environnement du parc explique à propos des braconniers, “ils se méfient de tout navire, ils sortent par gros temps, ils ont des planques sur les bateaux. Parfois, ils peuvent laisser le produit de la pêche ou des moyens prohibés au fond de l’eau pour venir les récupérer plus tard, donc c’est vraiment un système quasi-professionnalisé”. C’est pour cela, que les petits bateaux des gardes sont indétectables par les GPS, et dans certains cas, ils peuvent même mener des opérations en civil.

Même si cette contrebande n’a heureusement pas l’envergure de bien d’autre, elle est loin d’être négligeable. En 2017, il a fallu deux ans d’enquête, quatre mois d’écoutes téléphoniques, des filatures et enquêtes sur le terrain pour démanteler tout un réseau de pêcheurs sous-marins. Ils ont été pris dans un joli coup filet pour avoir péché illégalement des dizaines de milliers d’oursins, de coquillages, et près de 400 kilos de poulpes, de dorades, de loups, mais aussi des espèces protégées comme le mérou ou le corb. Cela représente, quatre braconniers pour un butin global de près de 160 000 euros en deux ans.

Une vraie enquête de trafic avec au bout de la ligne, des amendes aussi pour les restaurateurs et des poissonniers, qui rachetaient ces prises. Au passage, il faut rappeler, que les eaux usées de la station d’épuration de Marseille se déversent dans cette zone, et avec elles, certains polluants.

Crédit photo : ali Dockwood

 

 

 

 

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