La Ligue de Défense des Conducteurs conteste les résultats de l’expérimentation des 80 km/h

Les derniers résultats de l’expérimentation menée pour mesurer les conséquences de l’abaissement des limitations de vitesse sur la sécurité routière, semblent de plus en plus sujet à caution. La Ligue de Défense des Conducteurs, fait valoir que l’expérimentation des 80 km/h a été faussée par d’importants travaux d’aménagement sur les tronçons testés.

Dans un communiqué intitulé “Le silence coupable des pouvoirs publics”, la Ligue de Défense des Conducteurs s’étonnait que six mois après la fin de l’expérimentation, aucun résultat ne soit publié. Elle a donc cherché à en savoir un peu plus.

Une révélation venant des journalistes d’Auto Plus, et reprise par Le Point, a conforté les doutes de la Ligue. Il semblerait, que l’expérimentation ait été faussée avec des travaux d’aménagement, réalisés par les pouvoirs publics sur les tronçons concernés. Sur les nationales 151 et 57, d’importants travaux d’amélioration de la chaussée ont été engagés dès le début de l’expérience. Sur la nationale 7, l’enrobé a été rafraîchi, un giratoire a été créé, et la signalisation au sol a été rénovée.

Or, ce sont justement, ce style de réparations et d’aménagements de route, que réclament les élus locaux, et les conducteurs à la place de la répression par les baisses de vitesse et par les radars.

Pierre-Olivier Cavey, directeur des études et des campagnes de la Ligue de Défense des Conducteurs explique, “et s’ils ont été réalisés pour apporter cette fois-ci une réelle et nécessaire amélioration de la sécurité des personnes empruntant ces routes, c’est louable. Mais il fallait dans ce cas stopper net l’expérimentation”.

De leur côté, les pouvoirs publics tapent en touche, et le délégué à la Sécurité routière Emmanuel Barbe, s’est contenté d’évoquer de manière vague, et sans rentrer dans les détails, les limites de l’expérimentation. Il insiste sur le fait, que “les résultats sont favorables en terme d’accidentalité, mais je refuse de m’en prévaloir, car deux ans et sur un tronçon aussi court, ce n’est pas suffisant pour faire une bonne étude d’accidentalité”.

Cependant, la Ligue de Défense des Conducteurs ne va rien lâcher, et Pierre-Olivier Cavey affirme, “il serait temps d’en finir avec cette mascarade bien plus idéologique que scientifique, et entendre les conducteurs qui, eux, forts de leur expérience sur la route, refusent catégoriquement cette régression absurde”. Il conclut, “que l’État fasse son travail ! Qu’il entretienne et répare les routes, qu’il aménage les intersections dangereuses”.

Crédit photo : L’argus

 

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