De Boutin à Mamère, les politiques réagissent sur le mariage de Cabestany

Samedi dernier, deux hommes se sont symboliquement unis à Cabestany dans les Pyrénées-Orientales. Le maire communiste de cette petite ville, Jean Vila, entendait ainsi relancer le débat sur la légalisation du mariage pour les personnes du même sexe en France. Les réactions politiques n’ont pas manqué.

Elle a été la plus virulente mais, au moins, on ne pourra jamais lui reprocher de varier sur la question au gré des sondages. Christine Boutin a été une des premières à s’exprimer sur la cérémonie.“Le mariage est un fondement de notre société. Il est le point de départ de la construction de la famille, cellule qui structure la société et son développement”, a expliqué la présidente du Parti Chrétien-Démocrate dans un communiqué.

“Malmener cette institution par la célébration d’un mariage entre deux personnes du même sexe, même si cette union n’a aucune valeur juridique, met en danger un pilier essentiel de notre modèle sociétal, dans un monde déjà déboussolé qui a besoin plus que jamais de repères stables”, a-t-elle poursuivi.

“Outre le fait qu’il s’agit d’un acte hors-la-loi, (ce mariage) est une nouvelle provocation” et “le premier devoir du maire est de respecter et faire respecter la loi et non de jouer avec les symboles et l’émotion”, a-t-elle justement fait remarquer.

En effet, l’initiative de Jean Vila a beau être un acte symbolique et militant, il ne fait absolument pas avancer la cause des couples homosexuels. « Ce type d’action ne fait pas progresser la question mais contribue à crisper les positions. Ce débat doit avoir lieu dans le respect de la loi et des opinions de chacun », a d’ailleurs dénoncé Claude Greff, secrétaire d’Etat chargée de la famille.

Même Noël Mamère, le député-maire de Bègles (Gironde) avait également uni un couple d’hommes malgré la loi le 5 juin 2004, n’a semblé soutenir ce mariage symbolique que du bout des lèvres.  « Des mariages symboliques on peut en faire des tonnes, mais si on s’en tient à ces cérémonies d’opérette on ne fait pas avancer le droit. » a-t-il notamment déclaré.

De leur côté, les associations ont bien sûr applaudi des deux mains. « C’est courageux. C’est un geste fort que nous envoie le maire de cette commune », a notamment Nicolas Gougain, porte-parole de l’Interassociative lesbienne gay, bi et trans (Inter-LGBT). Précisons que cet acte de courage doit être relativisé puisque le maire de Cabestany n’a pas inscrit ce mariage sur le registre de l’état-civil, évitant ainsi d’enfreindre la loi.

En janvier 2011, le Conseil constitutionnel, saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à l’initiative d’un couple de femmes pacsées, avait déjà rappelé que “selon la loi française, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme” et avait laissé au législateur le soin de modifier ou non la loi pour autoriser le mariage homosexuel.

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