David Cameron veut mener une “guerre totale” contre les gangs

Mardi 16 août, David Cameron est allée là où les émeutes ont commencé, Tottenham, et a réaffirmé son  son engagement, pris lundi, de mener une « guerre totale » contre les gangs. l’opposition s’est montrée sceptique face à ses engagements.

Le déplacement était chargé de signification. le Premier ministre David Cameroun s’est rendu à Tottenham pour la première fois depuis les émeutes et les scènes de violence frappant la Grande-Bretagne, afin de rencontrer les victimes. Situé dans le nord de Londres, le quartier est la zone géographique de la capitale anglaise où les émeutes avaient démarré, samedi 6 août.

Le Premier ministre a ainsi déclaré devant des membres des services d’urgence« Je suis allé partout dans le pays pour écouter, mais c’est ici que tout à démarré ». « La mort tragique de Mark Duggan a rendu les choses plus difficiles », a reconnu David Cameron, s’expliquant sur le délai d’une semaine avant qu’il ne se rende sur les lieux. Mark Duggan, 29 ans, avait été abattu par la police, jeudi 4 août, déclenchant les premières émeutes à Tottenham deux jours plus tard. Une enquête des autorités est toujours en cours pour déterminer les circonstances exactes de sa mort.

Lundi, David Cameron a pris l’engagement d’« éradiquer » les gangs en Angleterre et de leur mener « une guerre totale ». Consideré comme une « nouvelle priorité nationale », le Premier ministre britannique a l’intention de faire appliquer cette décision ferme du gouvernement en s’appuyant notamment sur des conseillers de l’étranger : Bill Bratton, ex-chef de la police de New York, Boston et Los Angeles a été appelé en renfort, comme consultant pour Scotland Yard.

Le Premier ministre a annoncé qu’il souhait procéder à l’interdiction par les tribunaux du port de signes de ralliement par les gangs, les rassemblements à certains endroits et l’utilisation de chiens d’attaque. « Les problèmes sociaux qui couvent depuis des décennies nous ont explosé au visage », a estimé  Cameron, s’engageant à « réparer la société cassée ».

Le vice-Premier ministre libéral démocrate Nick Clegg a complété les paroles du Premier ministre en assurant que les auteurs des violences seront tenus de « nettoyer les dommages, réparer et améliorer les quartiers affectés » par les émeutes, dans le cadre de programmes spécifiques mis en oeuvre « dans chaque communauté affectée ». « Je veux aussi qu’ils soient confrontés à leurs victimes. Je veux qu’ils soient confrontés aux gens, comme cette femme que j’ai rencontrée lundi de la semaine dernière à Tottenham, qui portait encore les vêtements qu’elle avait sur elle quand son appartement a été brûlé » a-t-il encore ajouté.

Les propos de Cameron ont provoqué de vives réactions dans l’opposition, lundi, qui déplore la simplicité des réponses apportées. Pour Ed Miliband, chef des travaillistes, c’est toute la société qui est responsable, et pas seulement les jeunes démunis. Il a notamment pointé du doigt les banquiers « goulus, égoïstes et immoraux » mais aussi les députés qui ont « magouillé leurs notes de frais ».

Le Premier ministre britannique a néanmoins écarté la possibilité de reconsidérer les coupes budgétaires dans la police, soulignées lors des émeutes. Alors qu’il compte faire tout son possible pour supprimer les gangs et en dépit des émeutes qui ont embrasé plusieurs villes, le gouvernement britannique n’est pas revenu sur son projet de réforme et de réduction de 20% des crédits alloués à la police sur quatre ans, a confirmé mardi la ministre de l’Intérieur Theresa May.

La situation peut sembler paradoxale au moment ou la police aurait besoin de soutien supplémentaire pour maîtriser les actes de vandalisme et  les manifestations de violence. Theresa May a pourtant jugé que le problème ne se résumait pas « aux effectifs », mais plutôt aux « policiers déployés sur le terrain ». Selon elle, la baisse des crédits n’aura pas d’incidence sur le déploiement de policiers sur le terrain, et des économies pourront facilement être réalisées à travers la simplification administrative.

34.000 postes devront être supprimés en Angleterre et au pays de Galles, dont 16.000 sur le terrain, selon Timothy Brain, ancien porte-parole de l’association des officiers de police. 16.000 policiers ont précisément été déployés à Londres pour faire face aux émeutes, grâce à l’apport d’autres unités du pays.

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