Marine Le Pen: des mesures “concrètes”, mais non “chiffrées”

Marine Le Pen a compris que la crise constituait une véritable opportunité pour le FN. Pour prouver à ses adversaires que l’actualité soulignait la cohérence de son programme économique, elle a interrompu ses vacances.

Jean-Marie Le Pen s’est exprimé sur RTL le jeudi 11 août. Marine Le Pen s’est-elle aussi fait entendre sur France Inter, puis lors de la conférence de presse qui avait eu lieu à Nanterre dans l’après-midi :”Tout se déroule en parfaite conformité avec les anticipations du Front national”. Bref, les aléas financier ont fait rappliquer la présidente du FN qui compte profiter des circonstances pour mettre en avant son parti.

Elle est revenue sur Paris mercredi en urgence, et avec ses conseillers, a mis au point un discours afin de proposer des solutions concrètes, mais non encore chiffrées : « Tout sera chiffré en novembre, après le projet de loi de Finances », assure Nicolas Pavillon.

Le constat de Marine Le Pen est sans appel : la « faillite d’une idéologie » ultralibérale, dont le « dogme central » serait l’euro, impose à l’Etat de « reprendre le gouvernail » afin de « désendetter la France ». Pour ne pas « s’enfoncer dans le surendettement », la patronne frontiste a une idée : « La France ne doit plus verser un centime aux pays de la zone euro victimes de la monnaie unique. » Ainsi, Sarkozy est prié par la candidate de « revenir dès aujourd’hui sur le plan de renflouement de la Grèce », ce qui correspond au concept cher au FN de « préférence nationale » (maintenant remplacé par « priorité nationale ») adapté à la dette.

Fidèle à ses habitudes, le FN fait toujours valoir une sortie de l’euro, si possible concertée. Fustigeant la fédéralisation de la zone euro, « une utopie extrêmement dangereuse », Marine Le Pen adresse une seconde requête au chef de l’Etat : « Qu’il prenne l’engagement devant les Français, dès maintenant, de ne pas embarquer notre pays dans la voie de la fédéralisation européenne. »

Les « mesures concrètes » que proposent Marine Le Pe ont pour vocation de soutenir le plan de désendettement  de la France pensé par les équipes frontistes. Première proposition, première zone d’ombre : la présidente du FN appelle l’Etat à « reprendre le contrôle de la politique économique de la France après des années d’abdication face aux marchés financiers » sans préciser les modes exacts de cette reprise en main.

L’immigration « régulière et irrégulière » constitue l’un des chevaux de bataille du FN. Réduire le nombre de titres de séjour délivrés de 200 000 à 20 000 par an permettrait, selon Marine Le Pen, de réaliser une économie de 45 milliards par an, soit plus d’un quart du budget de l’Etat. Ce qui dans les fait paraît peu réalisable.
La candidate frontiste a beau avoir interrompu ses vacances pour s’offrir une belle séquence médiatique, ses conseillers vont devoir rapidement chiffrer les mesures économiques énoncées s’ils veulent que le programme du FN gagne en crédibilité.

Laisser un commentaire