Explusion de Roms à Marseille

Une centaine de Roms, dont une trentaine d’enfant, a été délogés des pelouses de la porte d’Aix, à l’entrée de Marseille, où ils séjournaient jeudi 11 août.  L’intervention d’une cinquantaine de CRS et une vingtaine de policiers en civil de la police judiciaire a été déclenchée après la décision de la mairie de Marseille, lundi, qui a délivré un arrêté d’expulsion validé par le tribunal administratif.

Les policiers ont encerclé les familles, exigeant qu’ils quittent les lieux et procédant à des contrôles d’identité, a expliqué Bernard Eynaud de la LDH. Une porte-parole de la mairie de Marseille a indiqué que, “comme à chaque fois, des propositions d’hébergement notamment au centre de la Madrague, seraient faites par le Samu social”. “Jusqu’à présent, elles ont été à chaque fois refusées”, a-t-elle ajouté.

M. Eynaud a critiqué cette solution de rechange, estimant qu’il “s’agit de places dans des centres pour SDF ou personnes désocialisées, ce qui n’est pas du tout le cas des Roms, qui vivent en famille. De plus, ces endroits ne sont pas adaptés pour les femmes et les enfants”. Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, avait justifié le délogement des familles roms par le fait qu’elles vivaient “dans des conditions d’indignité, d’une extrême précarité, d’insécurité et d’insalubrité, sans eau ni sanitaires”.

Cette décision a soulevé la désapprobation de nombreux partis d’opposition, dont le Front de gauche, le Parti communiste et le PS. Le président socialiste de la région PACA, Michel Vauzelle, a jugé “honteux et inacceptable d’expulser des Roms sans accompagnement”.

Des associations de soutien aux migrants accuse cette politique d’expulsion de ne vouloir que gonfler les statistiques des reconduites à la frontière, d’autant que ces citoyens roumains et bulgares peuvent revenir librement en France une fois expulsés. Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a porté il y a quelques jours à 30 000, contre 28 000 auparavant, l’objectif 2011 de reconduites à la frontière d’immigrés en situation irrégulière. Un tel chiffre constituerait un nouveau record historique.

Pour Bernard Eynaud, les familles roms expulsées de Marseille “vont traverser et s’installer sur le trottoir d’en face si la police les laisse faire parce qu’ils n’ont nulle part où aller”. La situation est “glauque et écœurante”, a-t-il résumé.

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